
Le gouvernement du Zimbabwe a récemment approuvé un projet de loi permettant au président Emmerson Mnangagwa, âgé de 83 ans, de prolonger son mandat jusqu'en 2030. Cette initiative suscite des débats, car elle modifie la manière dont les présidents seraient élus, passant d'un vote direct par le peuple à une sélection par les députés.
Selon le ministre de la Justice, Ziyambi Ziyambi, des consultations publiques seront organisées avant que le projet de loi ne soit soumis au parlement. Actuellement, les deux chambres sont dominées par le parti au pouvoir, le Zanu-PF.
Des experts constitutionnels soulignent que des défis juridiques sont à prévoir, arguant qu'un référendum est nécessaire si les limites de mandat sont modifiées. Ils précisent également que de telles modifications ne peuvent pas bénéficier à un président en exercice.
Mnangagwa, qui a accédé au pouvoir en 2017 suite à un coup d'État militaire, a remporté une élection présidentielle en 2018 et a été réélu en 2023, bien que les résultats aient été contestés. Son mandat actuel expire en 2028.
Les rumeurs concernant l'ambition de Mnangagwa de rester au pouvoir au-delà de 2028 circulent depuis deux ans. Le slogan "2030, il sera toujours le leader" est devenu populaire lors des rassemblements du Zanu-PF, où ses partisans affirment qu'il doit rester en poste pour réaliser son programme de développement, "Agenda 2030".
Malgré cela, Mnangagwa a publiquement rejeté cette idée. Il a fait face à des critiques au sein de son propre parti, notamment de la part de Blessed Geza, surnommé "Bombshell", qui a récemment décédé. Geza avait exprimé des préoccupations concernant le népotisme et avait été expulsé du parti pour désobéissance.
Il y a treize ans, lors d'un référendum, les Zimbabwéens avaient voté massivement pour une nouvelle constitution introduisant des limites de mandat présidentiel. Cela était particulièrement pertinent à l'époque où Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, semblait inébranlable. Les changements actuels pourraient ainsi remettre en question les avancées démocratiques réalisées.
Le gouvernement avance avec ses plans pour 2030, affirmant que l'objectif du projet de loi est de renforcer la gouvernance et d'apporter une stabilité politique. Ce contexte soulève des inquiétudes quant à l'avenir démocratique du pays.
La proposition de prolongation du mandat de Mnangagwa soulève des questions importantes sur la démocratie et la gouvernance au Zimbabwe. Alors que des consultations publiques sont prévues, le climat politique reste tendu. Les décisions prises dans les mois à venir pourraient avoir des conséquences durables sur le paysage politique du pays.