
La préfecture du Rhône a décidé de saisir la justice après avoir observé des gestes et propos répréhensibles lors de la manifestation à Lyon en hommage à Quentin Deranque. Cette décision fait suite à des signalements de saluts nazis et d'insultes racistes et homophobes durant l'événement.
Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont permis de repérer ces comportements inacceptables. Un porte-parole de la préfecture a confirmé que, conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, la préfète Fabienne Buccio signalera au procureur de la République tous les gestes et propos répréhensibles détectés.
Aliette Espieux, ancienne porte-parole d’une association anti-avortement et organisatrice de la marche, a déclaré : « Si jamais il y en a eu, je les condamne fermement ». Elle a souligné que ces actes sont contraires aux valeurs humanistes de Lyon, capitale de la Résistance.
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a également réagi, affirmant que la Ville collaborera pour identifier chaque auteur de ces gestes inacceptables. Il a précisé que des images de vidéosurveillance seraient utilisées à cet effet.
Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a exprimé son indignation sur X, se demandant comment une telle manifestation a pu être autorisée. Il a mis en lumière la présence de figures de l’extrême droite antisémite et xénophobe dans le premier rang.
Il a relayé une vidéo montrant un participant effectuant des saluts nazis à plusieurs reprises, soulevant ainsi des questions sur la sécurité et la légitimité de l'événement. Ces préoccupations ont été partagées par de nombreux observateurs.
Selon la préfecture, environ 3 200 personnes ont participé à la marche, qui s'est dirigée vers le lieu où Quentin Deranque a été agressé le 12 février. Malgré la présence de nombreux militants d'ultradroite, le cortège a défilé dans le calme, sous la surveillance d’un important dispositif policier.
Domitille Casarotto, une des organisatrices, a estimé la participation à 3 500 personnes. Pour prévenir toute violence, des renforts de CRS, de gendarmes mobiles et deux drones ont été déployés pour surveiller le cortège.
À Rennes, un hommage à Quentin Deranque a rassemblé environ 200 personnes en fin de matinée. En face, près de 300 contre-manifestants ont déployé une banderole proclamant : « On ne pleure pas les nazis ». Cette tension a conduit les forces de l'ordre à utiliser des gaz lacrymogènes pour empêcher certains manifestants de sortir du périmètre autorisé.
La situation autour de la manifestation en hommage à Quentin Deranque soulève des questions importantes sur la sécurité et la liberté d'expression. Les réactions des autorités et des organisateurs montrent un engagement à lutter contre les comportements haineux et à préserver les valeurs humanistes. La vigilance reste de mise pour garantir le respect de ces principes dans l'espace public.