
Un marchand de sommeil a été condamné mardi à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 20 000 euros. Il a loué un local insalubre à un jeune tunisien travaillant dans la restauration. Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu sa culpabilité pour avoir soumis une personne vulnérable à des conditions d’hébergement indignes.
Le propriétaire, âgé de 67 ans, a mis en location une cave de 9 m² avec une salle d’eau de 2,5 m². Ces locaux étaient situés en sous-sol, accessibles par un escalier sombre. Les résidents et le syndic d’un immeuble de la rue Curiol ont dénoncé cette situation. La cave était sans fenêtre et envahie de moisissures.
Le jeune locataire payait un loyer de 300 euros par mois, incluant des charges et des frais d’électricité. Malgré son inconfort, il avait accepté ce bail pour éviter de se retrouver à la rue. Il a déclaré aux policiers : « Je ne me sens pas du tout à l’aise dans ce logement mais c’est quand même mieux que le foyer. »
Alors que le jeune homme était hospitalisé, le propriétaire a déclaré aux enquêteurs : « Comme il est à l’hôpital maintenant, il ne paie plus et, résultat des courses, c’est tout pour ma pomme. » Cette déclaration met en lumière son manque d'empathie envers son locataire.
Le propriétaire avait acquis ce local en 2010 pour 15 000 euros, un prix jugé faible par l’avocat de la ville de Marseille. Il a affirmé ignorer l’interdiction de louer un local commercial à des fins d’habitation. Absente à l’audience, sa situation personnelle était également préoccupante.
Le tribunal a considéré que le propriétaire avait exploité économiquement la vulnérabilité de son locataire. En plus de l’amende de 20 000 euros, sa société civile immobilière a également été condamnée à une amende avec sursis. Le tribunal a prononcé la confiscation du local avec exécution provisoire.
Cette affaire souligne l'importance de protéger les personnes vulnérables contre des pratiques immorales et illégales. Les décisions judiciaires doivent servir d'exemple pour dissuader de telles actions à l'avenir. La lutte contre l'insalubrité et l'exploitation des locataires doit rester une priorité.