
Les médecins libéraux se mobilisent pour une grève de dix jours, débutant ce lundi. Ils protestent contre des politiques publiques qui mettent en péril leur liberté d’exercice. Leurs syndicats dénoncent un budget 2026 jugé insuffisant et des mesures qui risquent de nuire à l'hôpital public.
Les médecins de ville et des cliniques s'opposent à diverses mesures de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026. Adoptée le 16 décembre, cette loi est perçue comme une menace pour leur liberté d’exercice. Parmi les griefs, on note un contrôle accru des prescriptions et des baisses tarifaires imposées sans dialogue social.
Les praticiens craignent également des restrictions sur leur liberté d’installation, avec des textes en cours d'examen au Parlement. Frank Devulder, président du syndicat CSMF, souligne que les médecins se sentent trahis et que le mouvement sera très suivi, un phénomène rare depuis 30 ans.
La mobilisation est soutenue par tous les syndicats, y compris les organisations professionnelles comme Avenir Spé et CSMF. Les étudiants et la jeune génération de médecins s'unissent également dans cette lutte. Seul le SMG considère ce mouvement comme une défense des privilèges d'une corporation.
La grève devrait s'intensifier, avec une activité réduite dans les cliniques dès ce lundi. À partir du 10 janvier, une grande manifestation est prévue à Paris, et des chirurgiens prévoient un exil symbolique à Bruxelles.
Les patients déjà hospitalisés continueront d'être soignés, mais ceux arrivant aux urgences seront transférés vers l'hôpital public, sauf en cas d’urgence vitale. Cette situation risque de mettre sous pression un hôpital public déjà éprouvé par des épidémies hivernales.
Les syndicats alertent sur les conséquences des politiques qui affectent les médecins, notamment dans le secteur 2. Bertrand de Rochambeau, président du Syngof, souligne que les tarifs remboursés n'ont pas évolué depuis les années 1990.
Le ministère de la Santé suit la situation de près. Les fermetures de cabinets et les déprogrammations d'opérations sont recensées et anticipées. La ministre Stéphanie Rist a exprimé son souhait de renouer le dialogue avec les médecins, promettant d'ouvrir un chantier sur les modes de rémunération.
Elle a également souligné la suppression de certaines mesures contestées, comme l'amende pour les médecins ne remplissant pas le dossier médical partagé. Malgré ces promesses, les syndicats jugent cela insuffisant et attendent des actes concrets.
La grève des médecins libéraux représente un moment critique pour la santé publique en France. Les médecins expriment leur mécontentement face à des politiques jugées néfastes. Leurs préoccupations soulignent la nécessité d'un dialogue constructif pour préserver la qualité des soins et la liberté d’exercice.