
Les médecins résidents en Angleterre entament une grève de cinq jours, marquant le 13ème mouvement de la British Medical Association dans un conflit salarial de longue durée. Cette grève débute à 07h00 GMT et se termine à 07h00 mercredi. Les médecins résidents, qui sont les nouveaux médecins juniors, quitteront leurs postes dans les soins d'urgence et non urgents.
Les hôpitaux seront particulièrement affectés, car les médecins résidents représentent environ la moitié de la main-d'œuvre médicale. Malgré cela, le NHS Angleterre a indiqué que les patients devraient se présenter à leurs rendez-vous, sauf avis contraire. Ils visent à maintenir 95 % des activités non urgentes, telles que les opérations de la hanche et du genou.
Pour faire face à cette situation, le NHS prévoit de redéployer des consultants et d'autres médecins seniors, tout en comptant sur ceux qui ne participent pas à la grève. Environ un tiers des médecins résidents ne sont pas membres de la BMA. Cependant, cette approche entraîne des coûts significatifs, le NHS estimant que la grève pourrait coûter 240 millions de livres.
Malgré les efforts pour maintenir les services, de nombreux patients, comme Colette Houlihan, 68 ans, subissent des reports de rendez-vous. Elle devait avoir un rendez-vous pré-chirurgical, mais celui-ci a été repoussé à fin décembre. Colette, qui attend une opération pour retirer une tumeur bénigne, a déjà connu deux annulations et exprime sa frustration face à cette situation.
Le directeur médical du NHS Angleterre, le Professeur Meghana Pandit, a exprimé sa déception face à cette nouvelle grève, soulignant que le personnel travaille dur pour maintenir les soins en dépit des défis. Il a également noté la hausse précoce des cas de grippe cette saison.
De son côté, le leader de la BMA, le Dr Tom Dolphin, a déclaré que maintenir la plupart des services serait difficile. Il a insisté sur le droit légal des médecins à faire grève et a averti que ses membres ne quitteraient le piquet de grève que pour des urgences majeures.
Cette grève survient après que le secrétaire à la santé, Wes Streeting, a critiqué la BMA, la qualifiant de "moralement répréhensible". Il a accusé le syndicat d'agir comme un cartel, menaçant le public et le gouvernement. Streeting a rappelé que les médecins avaient bénéficié d'augmentations de salaire de près de 30% au cours des trois dernières années.
Bien que des discussions aient eu lieu, elles se sont interrompues après que la BMA a refusé une nouvelle offre pour mettre fin au conflit. Streeting a proposé de couvrir les frais de formation et d'adhésion, mais la BMA a souligné que, malgré les augmentations, le salaire des médecins résidents reste inférieur de 20% à celui de 2008, en tenant compte de l'inflation.
La grève des médecins résidents en Angleterre met en lumière des tensions croissantes dans le système de santé. Alors que le NHS s'efforce de maintenir les services, les préoccupations des médecins concernant leurs conditions de travail et de rémunération restent primordiales. Cette situation souligne l'importance d'un dialogue constructif entre les autorités et les professionnels de santé.