
Ils font craquer les adultes comme les enfants : les oursons en guimauve, ces petits bonbons enrobés de chocolat, ont fait l’objet d’une dégustation parisienne pour trancher qui, parmi les artisans de la capitale, les élève au rang d’œuvre d’art sucré. Avec la complicité de la chocolatière Jade Genin, dix-neuf spécimens vendus par des maisons de Paris ont été goûtés et comparés pour établir un palmarès clair et sans chichis.
L’ourson en guimauve pèse environ une dizaine de grammes et n’est pas si récent qu’on le croit : il a été inventé en 1962 par Michel Cathy à la chocolaterie Bouquet d’Or, à Villeneuve-d’Ascq. Le groupe Cémoi reste aujourd’hui leader du marché, avec plusieurs centaines de millions d’oursons produits chaque année.
Nous avons goûté pour repérer l’essentiel. Est-ce que la guimauve est fraîche et aérienne, ou lourde et farineuse ? L’enrobage de chocolat craque-t-il juste assez, fond-il avec élégance en bouche ? L’équilibre sucre/chocolat sauve-t-il l’ensemble ou masque-t-il la matière première ?
Ces critères simples ont permis de séparer les produits d’apparence similaire en deux groupes : les artisans qui maîtrisent la guimauve et le glaçage, et ceux qui s’en tiennent au confort sucré de la production industrielle. Ce qui distingue un excellent ourson d’un correct, ce n’est pas la fantaisie mais la justesse : une guimauve légère, une coupe propre au cœur, un enrobage de chocolat au lait finement tempéré.
Dans plusieurs maisons parisiennes, l’ourson révèle un vrai travail sur la texture — mousseuse sans être collante — et sur la brillance du chocolat, qui signe un tempérage maîtrisé. À l’inverse, certains échantillons trop sucrés ou à la guimauve pâteuse trahissent une fabrication optimisée pour le coût plutôt que pour le goût.
Pour qui veut être sûr de tomber sur un bon exemplaire, privilégiez les chocolatiers qui fabriquent leur guimauve eux-mêmes et jouent la carte du juste sucre. Les meilleures versions offrent une première impression feutrée — le chocolat cède, la guimauve se déploie — puis un retour net du cacao qui équilibre la rondeur sucrée. Les oursons artisanaux valent souvent le supplément : texture et intensité gustative y sont supérieures.
L’ourson en guimauve peut paraître un trivialité, mais maîtriser ce petit bonbon réclame technique et goût. L’expérience montre que, à Paris, il existe de vraies réussites artisanales : chercher la finesse plutôt que la surenchère sucrée, et écouter sa mâchoire — le bon ourson doit donner envie d’un second.