
Des témoignages troublants émergent concernant des mercenaires russes impliqués dans des actes de violence au Mali. Un commerçant a décrit comment ces combattants ont exécuté froidement deux hommes devant lui, le menaçant ensuite de lui couper les doigts. Ces récits révèlent les méthodes brutales utilisées dans une opération de contre-insurrection contre des militants islamistes.
Depuis qu'un junta militaire a pris le pouvoir en 2021, le Mali a vu un retrait des troupes françaises, accusées d'inefficacité. La junte s'est alors tournée vers la Russie, sollicitant l'aide du groupe Wagner, lié au Kremlin. Ce dernier a depuis quitté le pays, laissant ses opérations à l'Africa Corps, sous le ministère russe de la Défense.
Des rapports indiquent que des mercenaires de Wagner ont partagé des actes de violence sur un groupe Telegram, incluant des meurtres, des violences sexuelles et des actes de torture. Ces atrocités ont été documentées par l'European Council on Foreign Relations, qui a mis en lumière l’horreur de la situation.
Ahmed, le commerçant qui a fui vers un camp de réfugiés en Mauritanie, a raconté son expérience traumatisante. En août 2024, des combattants de Wagner l'ont arrêté dans son magasin à Nampala, l'accusant de collaborer avec des jihadistes. Il a été torturé et menacé, subissant des violences physiques dans une base militaire malienne.
Il a décrit comment il a été plongé dans l'eau jusqu'à presque suffoquer, et comment les tortures se sont répétées. Ahmed a vu d'autres victimes, dont Hussein, qui avait été si sévèrement battu qu'il était méconnaissable. Ces actes de cruauté ont laissé des cicatrices profondes dans sa mémoire.
Les mercenaires de Wagner ont non seulement torturé Ahmed, mais ont également exécuté des prisonniers en sa présence. Il a été témoin de la décapitation de deux hommes, un acte qui a intensifié son traumatisme. Les mercenaires lui ont même fait sentir le sang frais des victimes, le menaçant de subir le même sort s'il ne donnait pas d'informations.
La vie d'Ahmed a été épargnée grâce à l'intervention d'un commandant de Wagner, qui a reçu des assurances qu'il n'était pas complice des jihadistes. Après 15 jours de détention, il a fui vers la Mauritanie avec sa famille, cherchant désespérément la sécurité.
Les abus commis par Wagner ont engendré un climat de peur au sein de l'armée malienne, forçant les commandants à rester silencieux. Un rapport d'une ONG a affirmé que les mercenaires avaient semé le chaos dans la hiérarchie militaire. Malgré cela, Wagner a annoncé son retrait en juin, laissant derrière elle un héritage de violations des droits humains.
Des analystes estiment que l'Africa Corps a hérité des pratiques violentes de Wagner, bien que des tendances récentes indiquent une diminution des atrocités. Les conflits au Mali ont forcé près de 50 000 personnes à fuir vers des camps de réfugiés, cherchant refuge loin de la violence.
Les témoignages d'Ahmed et d'autres réfugiés mettent en lumière la réalité tragique des atrocités au Mali. Ils appellent à une justice pour les victimes de cette violence insensée. Leurs histoires soulignent l'urgence d'une réponse internationale face à de telles violations des droits humains.