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Le Met s’excuse auprès du Speaker pour un tuyau Mandelson

Le Met devant le Speaker à Westminster, s’excusant tandis que des journalistes l’entourent

Une erreur qui a transformé une rumeur en garde à vue

Une erreur de communication a précipité l’affaire : la Metropolitan Police a présenté ses excuses après avoir, par inadvertance, révélé détenir d’un élu une information qui a conduit à l’arrestation de Lord Peter Mandelson. Ainsi, ce qui semblait n’être qu’une rumeur locale a soudain pris la forme d’une enquête nationale.

Comment la rumeur a été transmise

Tout a commencé la semaine dernière lors d’un déplacement du président de la Chambre des Communes aux îles Vierges britanniques, où un interlocuteur aurait suggéré que Mandelson envisageait de « fuir » vers les Caraïbes. En estimant l’information pertinente, Sir Lindsay Hoyle l’a transmise à la police métropolitaine le lundi, expliquant ensuite devant les députés qu’il l’avait fait « en bonne foi ». De cette confiance est née une chaîne d’événements aux conséquences imprévues.

L’arrestation et les chefs d’accusation

La police s’est rendue au domicile de l’ancien ministre à Camden et a procédé à une arrestation au titre d’allégations de « misconduct in public office ». En effet, il est soupçonné d’avoir communiqué des secrets commerciaux d’État à son ami financier, le controversé Jeffrey Epstein, accusation que M. Mandelson nie et entend contester.

Libéré sous caution mardi, l’ancien ministre s’est vu retirer son passeport et doit désormais obtenir une autorisation pour quitter le territoire. Après sa remise en liberté, il a indiqué à un journaliste que la police lui avait dit que l’information sur ses projets de déplacement provenait de Lord Forsyth, le Lord Speaker — affirmation que ce dernier a formellement démentie en la qualifiant de « entièrement fausse et sans fondement ».

Excuses, protocole et réactions officielles

Face au flou, des officiers supérieurs ont rencontré Sir Lindsay pour lui reprocher une « violation sérieuse de protocole » et expliquer les risques liés à la diffusion d’informations sensibles. La Met a reconnu l’erreur et présenté ses excuses au Speaker de la Chambre des Communes « pour avoir involontairement révélé des informations lors d’une enquête ». Sir Lindsay a, pour sa part, défendu sa décision devant la Chambre, plaidant le devoir d’alerte et appelant les députés à la prudence et à l’abstention de spéculations.

La défense de Mandelson et les demandes d’éclaircissements

Le cabinet d’avocats Mishcon de Reya, qui représente Peter Mandelson, a dénoncé une arrestation « précipitée » et assuré que M. Mandelson avait accepté de se présenter volontairement à un entretien le mois prochain. Selon le cabinet, l’intervention policière aurait été déclenchée par une « suggestion sans fondement » qu’il souhaitait s’installer à l’étranger, ce que Mandelson réfute catégoriquement ; ses avocats ont demandé à la Met de produire les éléments justifiant la garde à vue, tandis que leur client affirme vouloir coopérer pour laver son nom.

Contexte plus large et autres enquêtes

Cette arrestation survient seulement quatre jours après celle d’un autre suspect du même chef d’accusation, Andrew Mountbatten-Windsor, qui a également été relâché et reste sous enquête par le Thames Valley Police. Ces rapprochements chronologiques ajoutent à la complexité d’un dossier déjà très médiatisé.

Répercussions politiques immédiates

L’affaire a rapidement pris une dimension politique : lors des questions au Premier ministre, la députée conservatrice Kemi Badenoch a fustigé l’exécutif en l’accusant d’être « distrait par un scandale après l’autre », exhortant Sir Keir Starmer à « arrêter de se plaindre et à s’occuper de réparer son mauvais gouvernement ». De son côté, le leader libéral-démocrate Sir Ed Davey a soutenu l’appel de l’ancien Premier ministre Gordon Brown à une enquête publique complète sur l’affaire Epstein, accentuant ainsi la pression pour des éclaircissements officiels.

En somme, l’arrestation de l’ancien ministre dans son domicile de Camden et les excuses présentées par la police au Speaker ont laissé flotter de nombreuses questions, et Lord Peter Mandelson affirme vouloir coopérer pour faire la lumière et rétablir sa réputation.

Publié le : 26 février 2026
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