
« Au revoir ! », ont clamé les jumeaux Samuel et Jérémy Y., 33 ans, avant de quitter le box de la cour d’assises de Bobigny. Ils ont été expulsés du procès par la présidente Caroline Jadis Pommeau. Ce procès, qui se déroule dans un contexte de règlements de compte liés à la drogue, implique des accusations graves, dont le double meurtre de Tidiane B. et Sofiane M.
Les deux frères sont accusés du double meurtre survenu le 14 septembre 2020, ainsi que de plusieurs tentatives de meurtre. Ils nient toutes les accusations, malgré les éléments présentés par la justice. Les faits se sont déroulés dans une cave de la cité Soubise, à Saint-Ouen, où les tensions liées au trafic de drogue sont palpables.
Lors de la première journée du procès, les jumeaux ont montré qu'ils ne comptaient pas se laisser faire. Ils ont refusé de se lever à l'ouverture de l’audience, invoquant des douleurs. La présidente a ordonné un examen médical qui a révélé qu'ils pouvaient se tenir debout, mais pas longtemps.
Les comportements des jumeaux durant le procès ont été inattendus. Jérémy a bougonné dans son box, tandis que Samuel s'est énervé lorsque son passé de blessé par balle a été évoqué. Leur attitude a surpris les magistrats, illustrant un désintérêt apparent pour le sérieux de la situation.
Samuel avait été victime d'une jambisation en 2012, un incident qui a laissé des séquelles. Bien qu'il affirme que cet événement était un accident, la justice le considère comme une tentative d'homicide. Ce contraste entre leur perception et celle de la justice soulève des questions sur leur état mental.
Lors de l'expertise de personnalité, l'enquêtrice a dressé un portrait troublant des jumeaux. Elle a noté un sentiment de toute puissance et une difficulté à se conformer aux normes sociales. Samuel semble s'inventer une vie flamboyante, prétendant diriger une société au Cameroun avec un chiffre d’affaires faramineux.
Malgré ces affirmations, la réalité est tout autre. Samuel est inscrit au RSA en France et n'a pas de domicile fixe. La société Horizon, qu'il prétend diriger, n'est enregistrée nulle part, ce qui soulève des doutes sur ses déclarations.
Un autre aspect troublant de leur histoire est la déclaration de décès de Samuel par Jérémy au Cameroun. Cet acte a été transcrit en France, ce qui semble viser à purger ses antécédents judiciaires. Ce comportement déconcertant pourrait être lié à leur enfance, marquée par des carences éducatives.
Samuel a expliqué s'être auto-éduqué en raison d'un père permissif et d'une mère en retrait. Cette dynamique familiale a pu influencer leur développement et leur comportement actuel, comme le souligne l'enquêtrice.
Le procès des jumeaux Y. met en lumière des dynamiques complexes entre violence, manipulation et traumatismes passés. Alors que les accusations de meurtre pèsent sur eux, leur comportement en cour et leurs déclarations soulèvent de nombreuses interrogations. Ce double drame, dans un contexte de trafic de drogue, reste à éclaircir, alors que trois des cinq accusés nient toute implication.