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Le meurtrier de Soham Ian Huntley grièvement blessé en prison

Ian Huntley escorté par des gardiens dans un couloir de prison, visage marqué et blessé

Attaque à la prison de haute sécurité : un détenu transféré dans un état sérieux

Hospitalisé dans un état sérieux, Ian Huntley, 52 ans, a été pris en charge après avoir été violemment frappé par un autre détenu à HMP Frankland, dans le comté de Durham. La police locale a précisé que la blessure à la tête était importante et que l’homme recevait des soins, ajoutant qu’il n’y avait eu « aucune évolution de son état pendant la nuit ».

La force qui a communiqué les premières informations, la Durham Constabulary, indique qu’une enquête a été ouverte et que les enquêteurs travaillent en liaison avec le personnel pénitentiaire pour faire la lumière sur les circonstances exactes de l’agression.

L’agresseur présumé et l’enquête interne

Selon la police, l’auteur présumé est un détenu dans la quarantaine identifié comme Anthony Russell, 43 ans, condamné à la réclusion à perpétuité incompressible pour trois meurtres commis lors d’attaques en octobre 2020. Pour l’heure, il est signalé « en détention » mais n’a pas été arrêté « à ce stade », ce qui laisse les enquêteurs travailler à déterminer les responsabilités exactes.

Les premières reconstitutions situent l’attaque dans un atelier de la prison. Des sources indiquent que HMP Frankland, établissement de haute sécurité connu pour accueillir des détenus particulièrement dangereux, a été le théâtre de la rixe ; selon des témoignages, Huntley aurait été retrouvé allongé dans une mare de sang, frappé avec une arme de fortune.

Antécédents de violences envers Huntley

La récente agression n’est pas un fait isolé : depuis son incarcération, Ian Huntley a déjà été visé à plusieurs reprises par d’autres détenus. En 2010, il avait été lacéré à la gorge et avait nécessité vingt et une points de suture ; en 2005, un détenu lui avait jeté de l’eau bouillante à HMP Wakefield.

Ces violences répétées illustrent combien son nom reste chargé plus de vingt ans après les faits qui l’ont rendu tristement célèbre, et expliquent en partie la tension permanente autour de sa détention.

Le drame de Soham : deux fillettes disparues et retrouvées mortes

C’est la soirée du 4 août 2002 que Holly Wells et Jessica Chapman, toutes deux âgées de dix ans, quittent un barbecue familial à Soham et ne reviennent pas. Une photo d’elles, côte à côte dans leurs maillots de Manchester United, prise par la mère de Holly une heure et demie avant leur disparition, est rapidement devenue le symbole de l’angoisse nationale.

Face à l’ampleur de l’enquête, près de quatre cents policiers ont travaillé à plein temps, soutenus par des centaines de bénévoles. Quinze jours après la disparition, les corps des deux fillettes ont été découverts dans un fossé en Suffolk, à une dizaine de miles de Soham ; elles avaient été asphyxiées.

Des éléments techniques ont permis de faire progresser l’enquête : le téléphone portable de Jessica avait cessé d’émettre environ trente minutes après leur départ, la dernière communication pointant vers un relais téléphonique accessible depuis plusieurs points autour de Soham, notamment à l’extérieur de la maison de Huntley. Lui et sa compagne de l’époque, Maxine Carr, ont été arrêtés le 17 août 2002.

Procès, condamnations et conséquences publiques

Le jugement rendu en 2003 a condamné Ian Huntley à la détention à perpétuité avec une période minimale de quarante ans. Le juge, en prononçant la peine, souligna que « dans vos mensonges et manipulations jusqu'à ce jour, vous avez accru la souffrance que vous avez causée aux deux familles ».

Quant à Maxine Carr, reconnue coupable d’avoir fourni un faux alibi, elle a été emprisonnée en 2003 avant d’être remise en liberté par la suite. La médiatisation intense de l’affaire, accentuée par l’attitude publique de Huntley — qui avait multiplié les interviews tout en feignant l’inquiétude — a contribué à faire de lui une cible récurrente derrière les barreaux.

Souvenirs et impact durable

Alors qu’il était conduit à l’hôpital après cette nouvelle agression, la communauté a de nouveau été confrontée à la douleur des familles d’Holly et Jessica et au souvenir d’une tragédie qui a marqué durablement une petite ville et l’ensemble du pays. Néanmoins, l’affaire rappelle aussi les défis permanents du maintien de l’ordre et de la sécurité au sein des établissements pénitentiaires.

Quelles que soient les conclusions de l’enquête en cours, la violence subie par Ian Huntley relance le débat public sur la gestion des détenus dangereux et la mémoire des victimes; l’affaire demeure, plus de vingt ans après, un traumatisme national dont les répercussions continuent de se faire sentir.

Publié le : 27 février 2026
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