
Faits nouveaux identifiés :
La Coupe du monde 2026 approche et, à quelques mois du coup d’envoi, le Mexique se retrouve confronté à une inquiétude criante : la sécurité. Cette semaine, la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, dit « El Mencho », lors d’une opération fédérale a déclenché une vague de violences orchestrée par son cartel, rappelant que la situation reste fragile alors que des dizaines de milliers de supporters du monde entier sont attendus.
Les images diffusées sont implacables : bus et taxis réquisitionnés puis incendiés, barricades enflammées paralysant des axes routiers, selon la tactique désormais familière des « narcobloqueos ». Ces attaques ont touché une vingtaine d’États, notamment Jalisco, où se situe Guadalajara, et ont visé aussi bien des centres commerciaux que des commerces de quartier, du Costco local aux petites épiceries de proximité.
Près de l’Estadio Akron, qui doit accueillir quatre matches de la phase de groupes de la Coupe du monde, un autobus en feu a bloqué la route à un peu plus d’un kilomètre du circuit de kart baptisé en l’honneur du pilote Sergio « Checo » Pérez, et les accès principaux se sont retrouvés paralysés. Face à cette flambée, les autorités ont activé un plan d’alerte rouge : bars et restaurants ont baissé leurs rideaux et la vie publique s’est figée, obligeant à des mesures d’urgence dans la métropole.
Le mouvement a déjà eu des répercussions directes sur le calendrier : des rencontres ont été reportées, parmi elles le Clásico Nacional féminin entre Chivas et Club América, ainsi qu’un match de Liga MX masculin à Querétaro, ce qui montre que même le sport — souvent présenté comme un organe vital du pays — n’échappe pas à la tourmente.
L’affaire concentre un dilemme ancien et profond : comment garantir la sécurité d’un événement planétaire quand des groupes armés conservent la capacité de paralyser des villes et des infrastructures routières ? Les autorités locales et fédérales ne devront pas seulement disperser des blocages ; elles auront aussi à convaincre que les enceintes sportives et leurs abords seront sûrs pour les visiteurs internationaux.
L’histoire fournit un rappel inquietant : en 2011, une fusillade près de l’Estadio Corona avait jeté les joueurs et les spectateurs dans la panique et forcé l’arrêt temporaire d’un match, montrant que le risque est tangible et que la vulnérabilité des manifestations sportives face à la violence extérieure n’est pas un simple scénario théorique.
Dans les semaines à venir, la riposte gouvernementale sera scrutée par les organisateurs, les clubs et les fans du monde entier ; il ne suffira pas d’augmenter les effectifs policiers. Il faudra réduire la capacité des cartels à imposer leur loi sur les routes et dans les villes, coordonner des réponses civiles et militaires, et entreprendre des actions visant à restaurer la confiance — un défi de taille à relever en quelques mois seulement.
La perspective d’un Mondial célébré sans incident repose désormais sur une double exigence : neutraliser les menaces immédiates et prouver, par des gestes visibles et durables, que le pays peut garantir la sécurité des compétitions et des visiteurs. Le compte à rebours est lancé, et la vigilance demeure indispensable.