Un océan qui garde son secret
Douze ans après la disparition du vol MH370, l’océan garde son secret. Une nouvelle campagne de recherche menée entre mars 2025 et janvier 2026 n’a pas permis de localiser l’épave dans le sud de l’océan Indien, ont annoncé les autorités malaisiennes, laissant les familles exaspérées et réclamant la poursuite des opérations.
Une trajectoire déviée vers le sud de l’océan Indien
Le vol MH370 a disparu le 8 mars 2014 avec 239 personnes à bord. Les données satellite avaient montré que l’appareil, un Boeing 777, avait dévié de sa trajectoire pour se diriger vers le sud, vers une vaste zone lointaine de l’océan Indien où on le suppose écrasé.
Une promesse "sans résultat, pas de paiement"
La recherche a été confiée à Ocean Infinity, une société texane engagée sous contrat "no-find, no-fee" : elle ne touchera les 70 millions de dollars prévus que si des débris confirmant l’épave sont retrouvés. La mission, autorisée par la Malaisie l’an dernier, visait une nouvelle zone de 5 800 milles carrés.
En deux phases — du 25 au 28 mars 2025 puis du 31 décembre 2025 au 23 janvier 2026 — les robots ont cartographié environ 2 900 milles carrés de fond marin, mais sans découverte concluante. Les opérations ont été régulièrement perturbées par la météo.
Les proches, déjà épuisés, demandent la suite
"Le gouvernement ne paie rien à moins que l’appareil soit retrouvé", a rappelé Voice 370, le collectif des familles, en demandant une prolongation du contrat d’Ocean Infinity et l’ouverture d’appel à d’autres entreprises spécialisées si nécessaire. Le groupe affirme que le navire d’Ocean Infinity a déjà été réaffecté et qu’il est peu probable qu’il revienne avant la mauvaise saison météo, même si le contrat court officiellement jusqu’en juin.
Voice 370 ne baisse pas les bras : "Nous continuerons le combat pour obtenir des réponses. Nous n’abandonnerons jamais !" Les familles réclament des engagements clairs et une stratégie pour ne pas diluer l’effort — elles veulent des priorités, des cartes de recherche publiées et, surtout, une continuité d’action.
Un mystère coûteux et politique
Le prix humain reste évident : 239 vies, des proches privés de clôture. Le dossier MH370 a déjà mobilisé des ressources internationales coûteuses et plusieurs campagnes privées et publiques sans succès ; des débris échoués sur les côtes de l’Afrique de l’Est et des îles de l’océan Indien ont fourni des indices, mais jamais la carcasse principale. Ocean Infinity avait déjà mené une tentative privée en 2018 qui n’avait rien donné.
À court terme, rien n’indique qu’une reprise rapide des opérations soit possible. Les décisions qui suivront dépendront autant de contraintes pratiques — météo, disponibilité des navires — que de choix politiques et financiers. Pour les familles, le temps presse et la patience arrive à sa limite : elles exigent une volonté et des moyens réels pour finir ce que l’Histoire n’a pas encore expliqué.
