
La justice grecque a ordonné le placement en détention provisoire d’un rescapé marocain suite à une collision tragique entre une embarcation de migrants et un patrouilleur des gardes-côtes grecs. Quinze migrants, dont quatre femmes, ont perdu la vie lors de cet incident survenu au large de l’île de Chios, proche des côtes turques.
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a promis une transparence absolue dans l’enquête qui a été ouverte. Face aux questions sur les circonstances de cet accident, il a affirmé que l’enquête serait menée avec rigueur, dénonçant les réseaux de passeurs indifférents à la vie humaine. Il a également salué le travail des gardes-côtes grecs dans la protection des frontières et le sauvetage de vies.
Le Marocain, âgé d’une trentaine d’années, a clamé son innocence à travers ses avocats. Selon eux, il n’existe pas d’indices sérieux de culpabilité, et il n’admet pas avoir piloté l’embarcation. De plus, plusieurs témoins, interrogés dès le début de l’enquête, ne l’ont pas identifié comme l’auteur des faits.
Un des avocats, Alexis Georgoulis, a précisé que dans les dépositions recueillies, aucun passager n’a confirmé que le suspect était le pilote. Cela soulève des questions sur les preuves présentées par les autorités.
Plus de vingt personnes ont été blessées lors de la collision, avec deux d’entre elles en soins intensifs. Parmi les blessés, six enfants, certains présentant des fractures multiples, ont été transférés dans un hôpital pédiatrique d’Athènes pour recevoir des soins appropriés.
Les autorités grecques, y compris la police portuaire et le ministre des Migrations, ont indiqué que l’accident était dû à l’embarcation des migrants essayant d’échapper aux gardes-côtes. Cependant, des ONG et des médias ont soulevé des doutes sur cette version des faits, en particulier sur le fait que la caméra thermique du patrouilleur n’avait pas été activée.
Selon l’un des avocats du Marocain, Dimitris Houlis, tous les témoins ont affirmé qu’il n’y avait eu aucun avertissement ou signal de la part des gardes-côtes. Ils ont décrit la scène comme une collision causée par le navire des gardes-côtes avançant sans dévier.
La Grèce a été accusée à plusieurs reprises par des ONG de refoulements illégaux de migrants vers la Turquie. La responsabilité des gardes-côtes grecs a déjà été mise en lumière dans des incidents précédents, notamment dans le naufrage du chalutier Adriana en juin 2023, qui a causé environ 750 morts, l'un des pires naufrages de migrants en Méditerranée.
Cette tragédie met en lumière des questions critiques concernant la gestion des flux migratoires en Grèce. Alors que l’enquête se poursuit, les familles des victimes et la communauté internationale attendent des réponses claires sur les circonstances de cet accident tragique. Les enjeux liés à la protection des migrants et à la responsabilité des autorités restent au cœur des débats.