Le plan de Reform concernant la migration soulève de nombreuses interrogations. Le leader du parti, Nigel Farage, a exposé ses intentions pour faire face à ce qu'il qualifie de « migration illégale incontrôlée ». Ses propositions incluent des modifications des lois sur les droits de l'homme et des déportations massives.
Farage a évoqué un objectif ambitieux : déporter entre 500 000 et 600 000 personnes durant le premier mandat d'un gouvernement Reform. Lors d'un événement, il a demandé à Zia Yusuf, président du parti, si cet objectif était réaliste, et celui-ci a répondu par l'affirmative.
Le parti envisage de créer des installations sécurisées pour détenir 24 000 personnes à déporter chaque mois. Cela représenterait un total de 288 000 déportations annuelles après 18 mois de construction. Cependant, ces cibles dépassent largement tout ce qu'un gouvernement a réalisé jusqu'à présent.
La création de centres de détention pour 24 000 personnes en 18 mois est un défi sans précédent. Pour être efficaces, ces installations doivent respecter des normes de sécurité élevées, similaires à celles des prisons de Catégorie B.
Les coûts de construction de telles installations s'élèveraient à environ 12 milliards de livres si le parti devait suivre les normes actuelles. Reform prétend pouvoir réduire ces coûts en optant pour des logements modulaires dans des zones éloignées du Royaume-Uni.
Le gouvernement de Boris Johnson avait promis 20 000 nouvelles places de prison, mais n'en a ouvert qu'une seule en cinq ans en raison de conflits de planification. Reform souhaite établir de nouvelles lois pour accélérer les procédures de détention et de déportation.
Cependant, des tentatives précédentes ont échoué. En 2010 et 2015, les juges ont déclaré que l'accélération des procédures pour les demandeurs d'asile était illégale. La question demeure : comment Reform peut-il respecter le droit de chaque individu à être entendu ?
Reform envisage de se retirer de plusieurs traités, y compris la Convention européenne des droits de l'homme. Bien que cela soit possible, cela pourrait engendrer des complications juridiques et nuire à l'influence internationale du Royaume-Uni.
De plus, quitter ces traités pourrait violer des garanties écrites dans l'accord du Vendredi saint en Irlande du Nord, mettant en péril la paix établie depuis 1998.
Le plan de Reform inclut également une incitation financière pour les personnes souhaitant quitter le Royaume-Uni, avec une offre allant jusqu'à 2 500 £. Bien que ce programme ne soit pas nouveau, il a prouvé son efficacité en réduisant les coûts judiciaires.
En 2025, plus de 26 000 personnes avaient accepté de quitter le pays volontairement, un chiffre en hausse par rapport à l'année précédente. Toutefois, la question des deals de retour avec d'autres pays reste complexe et incertaine.
Le plan de Reform sur la migration présente des ambitions élevées mais soulève de nombreuses questions pratiques et juridiques. La faisabilité de ces propositions reste à prouver, et les défis à relever sont considérables. La mise en œuvre de ces idées nécessitera une réflexion approfondie et des solutions durables.