
Le 22 mars 2026, 1 622 organismes communautaires sont en grève.
La grève touche le Centre‑du‑Québec et l’ensemble du Québec et vise l’obtention d’une table de négociation « d’urgence ».
La colère gronde dans le milieu communautaire québécois. Menacé d’une grève de onze jours, le secteur réclame une « table de négociation d’urgence » : les groupes disent ne pas reconnaître le budget déposé la semaine dernière et accusent le gouvernement de sous-financer des services essentiels, au prix de conditions de travail dégradées.
Pour les porte‑parole du mouvement Le communautaire à boutte et du RQ‑ACA, la pilule ne passe plus. « Je suis à boutte de voir le gouvernement saccager notre filet social et notre filet communautaire », lance Caroline Toupin, qui pointe un écart salarial moyen de 43 % entre les travailleuses et travailleurs communautaires — majoritairement des femmes — et ceux des autres secteurs.
Pour combler cet écart, elle réclame un réinvestissement annuel massif de 2,6 milliards de dollars : « C’est ça, la valeur de notre contribution à la société. »
Le mouvement juge également inacceptable que la part du budget provincial allouée au communautaire augmente de moins de 1 %. Mathieu Gélinas, porte‑parole du mouvement, annonce une rupture de posture : la rue servira à montrer qu’on « ne se remettra plus à genoux ».
Les critiques ciblent nommément la ministre responsable de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, la présidente du Conseil du trésor France‑Élaine Duranceau et le ministre des Finances, Eric Girard, accusés d’avoir « ignoré » et parfois « nui » au secteur au cours des quatre dernières années.
Le gouvernement réplique que la facture n’est pas vide. La ministre Rouleau rappelle un « rattrapage » de 1,1 G$ amorcé par le Plan d’action gouvernemental en action communautaire, et affirme qu’aujourd’hui l’État consacre 2,2 G$ par année au milieu communautaire, soit le double qu’à leur arrivée au pouvoir.
Le budget provincial prévoit par ailleurs 265 M$ pour l’itinérance et la santé mentale, 260 M$ pour la lutte contre les violences conjugales et sexuelles, et 257 M$ pour les services aux personnes vulnérables — 782 M$ supplémentaires selon le gouvernement.
Le fossé entre les chiffres et la réalité de terrain reste large : pour les groupes, cet argent ne suffit pas et doit être pensé comme un investissement, pas une dépense. Ils veulent une table de discussion qui réunisse non seulement les ministres concernés, mais aussi les candidats à la chefferie de la CAQ et les chefs des partis d’opposition, afin d’obtenir des engagements politiques clairs.
Le milieu communautaire réclame un réinvestissement annuel de 2,6 milliards pour combler un écart salarial moyen de 43 %. Le budget provincial prévoit 265 M$ pour l’itinérance, 260 M$ pour les violences conjugales et 257 M$ pour les services aux personnes vulnérables, soit 782 M$ supplémentaires.
La suite dépendra de la capacité du gouvernement à transformer ces montants en engagements concrets et durables — ou d’un mouvement qui, pour la première fois, est prêt à bloquer des services pour se faire entendre.