
Huit militants écologistes ont été condamnés à des amendes après avoir tagué un pont autoroutier en Alsace. Cet acte visait à dénoncer le confinement de déchets toxiques. Le tribunal correctionnel de Saverne a prononcé des peines inférieures aux demandes du parquet, qui réclamait des peines de prison avec sursis.
Les militants, membres d'Extinction Rebellion, avaient inscrit « Stocamine contamene » sur un pont à Dorlisheim, en novembre 2025. Le tribunal a requalifié les faits en dégradations légères, soulignant l'absence d'atteinte à l'usage de l'ouvrage et le coût limité de la remise en état.
Chacun des huit militants a reçu une amende de 400 euros, peine qui ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire. Le tribunal a également noté des irrégularités dans les gardes à vue, mais cela n'a pas affecté la régularité de la saisine du tribunal.
Les militants avaient été interpellés alors qu'ils quittaient les lieux et ont été privés de liberté pendant 55 heures. Ils ont dû attendre neuf heures pour voir le juge des libertés après 46 heures de garde à vue, selon leurs avocats.
Théo Gauthier, avocat de plusieurs militants, s'est félicité de la requalification des faits par le tribunal. Cependant, il a exprimé des réserves quant à la décision finale, indiquant que ses clients envisagent de faire appel. Il a plaidé pour une relaxe lors de l’audience.
Extinction Rébellion a déclaré que cette décision n'était pas une victoire. Ils estiment que la justice a validé un virage répressif de l'État envers les militants écologistes, malgré la liberté d'expression et l'état de nécessité.
Les activistes cherchent à dénoncer l’inaction de l'État face à la pollution et au changement climatique. Ils affirment agir pour le bien commun et critiquent le manque de mesures concrètes de la part des autorités.
Le site de Stocamine, près de Mulhouse, est une ancienne mine de potasse où sont entreposées 42,000 tonnes de déchets toxiques. Des associations et des collectivités locales s'opposent à ce confinement, craignant une contamination de la nappe phréatique.
La condamnation des militants écologistes soulève des questions sur la liberté d'expression et la répression des actions militantes. Malgré leur amende, les militants restent déterminés à faire entendre leur voix face à l'urgence climatique.