
Des questions simples et lourdes circulaient partout : combien de temps cela durera‑t‑il, cela va‑t‑il s’étendre, et surtout si la mort présumée de l’ayatollah Ali Khamenei change la donne pour l’Iran — et pour la sécurité mondiale. Ces doutes ont tourné en boucle alors que les États‑Unis et Israël frappaient l’Iran et que les dirigeants du monde répondaient, prudents et souvent méfiants.
Sur les réseaux sociaux, le président Trump a annoncé que Khamenei était mort, qualifiant cet événement de « la plus grande chance » pour le peuple iranien de « reprendre son pays », et précisant que cette nouvelle ne mettrait pas fin aux frappes conjointes. En coulisses, des responsables israéliens anonymes ont également parlé d’une disparition du guide suprême, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu déclarait à la télévision qu’il existait « des signes croissants » après une attaque visant son domicile tôt samedi. L’Iran, lui, n’a fait aucun commentaire immédiat.
Les États‑Unis et Israël ont lancé une attaque d’ampleur contre l’Iran, et Téhéran a riposté en tirant des missiles et en envoyant des drones en direction d’Israël ainsi que de bases militaires américaines au Moyen‑Orient. Les mouvements de missiles et de drones ont tendu la région et amplifié la crainte d’un embrasement plus vaste, d’autant que la chaîne d’événements restait confuse et peu documentée publiquement.
La mort possible du second personnage de la République islamique — sans successeur désigné — introduit une incertitude majeure sur l’avenir du régime, nourrissant des spéculations sur des luttes internes et la peur d’une escalade incontrôlée. En réaction, le Conseil de sécurité de l’ONU a convoqué une réunion d’urgence afin d’évaluer les risques et les voies diplomatiques pour désamorcer la crise.
Face à la montée des tensions, des dirigeants européens ont plaidé pour le retour à la table des négociations plutôt que pour une logique strictement militaire. Ainsi, Keir Starmer, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont demandé la reprise des pourparlers entre Washington et Téhéran, affirmant préférer une solution négociée et précisant que leurs pays n’avaient pas participé aux frappes. « Nous condamnons dans les termes les plus fermes les attaques iraniennes contre des pays de la région », ont‑ils ajouté, rappelant que « le peuple iranien doit pouvoir décider de son avenir ».
Lors d’une réunion de crise, le président Emmanuel Macron a insisté sur le fait que la France « n’a été ni prévenue ni impliquée » dans ces frappes, soulignant que les questions nucléaires, balistiques ou de déstabilisation régionale ne se règlent « par des frappes seules ». La Ligue arabe a dénoncé les attaques iraniennes comme « une violation flagrante de la souveraineté » des pays concernés, et plusieurs pays arabes — Maroc, Jordanie, Syrie et Émirats arabes unis — ont publiquement condamné les tirs iraniens visant des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats.
La Russie a dénoncé les frappes comme « un acte d’agression prémédité et non provoqué » et a accusé Washington et Tel‑Aviv de chercher à dissimuler des objectifs de changement de régime. La Chine s’est dite « très préoccupée », appelant à l’arrêt immédiat des opérations et à un retour à la négociation. En revanche, l’Australie et le Canada ont affiché un soutien direct aux frappes ; le premier ministre canadien Mark Carney a même affirmé que « la République islamique d’Iran est la principale source d’instabilité et de terreur au Moyen‑Orient ».
Soucieuse de ne pas apparaître comme cautionnant une action unilatérale, une partie de la communauté internationale a choisi des mots mesurés. La Nouvelle‑Zélande a adopté une ligne mitigée : le premier ministre Christopher Luxon et le ministre des Affaires étrangères Winston Peters ont estimé que les attaques empêchaient le régime iranien de rester « une menace continue » et ont rappelé que « la légitimité d’un gouvernement repose sur le soutien de son peuple ».
Plusieurs acteurs arabes ont, pour leur part, durci le ton : l’Arabie saoudite a « condamné et dénoncé » ce qu’elle a qualifié d’« agression perfide » iranienne. Signe d’un possible réalignement, Damas — autrefois un allié fidèle de Téhéran — a publié une mise au point condamnant l’Iran, geste interprété comme une volonté de reconstruire des relations avec des puissances arabes et avec les États‑Unis. Oman, qui a souvent joué le rôle de médiateur entre Téhéran et Washington, a estimé que l’action américaine « contrevenait au droit international » et qu’il fallait régler les différends « par des moyens pacifiques ».
Dans les territoires occupés, des habitants de Ramallah faisaient leurs courses malgré les bruits d’interception du système Iron Dome au‑dessus d’Israël ; certains enregistraient les sirènes au téléphone. Les villes palestiniennes, qui n’ont ni sirènes ni abris, ont vu l’interruption des passages aux postes de contrôle provoquer de longues files aux stations‑service, où l’on remplissait des bidons par précaution. L’Autorité palestinienne a condamné les frappes iraniennes contre des États arabes, sans évoquer les attaques américaines ou israéliennes.
La perspective d’un conflit élargi préoccupe au‑delà du Proche‑Orient. Le ministre des Affaires étrangères norvégien, Espen Barth Eide, a averti du risque d’« une nouvelle guerre d’envergure au Moyen‑Orient » si les négociations échouent, soulignant l’urgence d’éviter qu’une série d’incidents n’aboutisse à une conflagration régionale. Face à cette menace, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra sa séance à l’initiative de Bahreïn et de la France, tandis que la diplomatie mondiale s’efforce de dessiner des ponts pour désamorcer la crise.
Les jours qui viennent seront décisifs : entre rumeurs persistantes, frappes ponctuelles et efforts diplomatiques, l’équilibre entre guerre et négociation reste fragile, et chaque mouvement risque d’entraîner d’importantes répercussions régionales et internationales.