
Près de deux semaines après la déclaration de la journaliste Sonia Mabrouk, les voix s'élèvent au sein du groupe Bolloré contre la décision de maintenir Jean-Marc Morandini à l'antenne de CNews. Ce dimanche, l'hebdomadaire le Journal du dimanche a également pris ses distances avec l'animateur, malgré la validation par la Cour de cassation de sa condamnation à deux ans de prison avec sursis.
Le journal a déclaré : « Le JDD se tient aux côtés des victimes », qui se disent profondément blessées par le maintien de Morandini à l'antenne. Cette fronde interne se renforce, soutenue par de nombreuses figures médiatiques du groupe, illustrant un mécontentement croissant.
Philippe de Villiers, ancien député, a exprimé son soutien à la rédaction du JDD sur les réseaux sociaux. Il a affirmé : « Je m’associe à la rédaction du JDD », soulignant la division que le cas Morandini engendre au sein du groupe. La semaine dernière, des discussions en coulisses ont révélé un rapport de force se dessiner autour de cette décision contestée.
Des figures comme Pascal Praud et Laurence Ferrari ont également pris position, se rapprochant de la position de Mabrouk. Ferrari a déclaré : « Je suis aux côtés des victimes », renforçant ainsi le sentiment d’un soutien croissant envers celles-ci.
La solidarité envers Morandini s'effrite également sur le plan politique. Le 26 janvier, Jordan Bardella, président du RN, a demandé aux membres de son parti de ne plus se rendre sur le plateau de Morandini. Cette position a été rapidement imitée par Eric Ciotti, chef de l'UDR.
Ces réactions montrent que la situation de Morandini ne concerne pas seulement le monde médiatique, mais aussi la sphère politique, illustrant l'impact de cette affaire sur l'opinion publique.
Malgré la pression croissante, Jean-Marc Morandini continue à demander « une seconde chance ». Il a récemment annoncé sa décision de renoncer « à tout recours », écartant ainsi toute procédure devant la Cour européenne des droits de l’Homme.
Cette décision intervient après la non-admission de son pourvoi devant la Cour de cassation. Morandini a été reconnu coupable d'avoir envoyé des messages inappropriés à des jeunes, ce qui a conduit à sa condamnation.
Jean-Marc Morandini a été accusé d'avoir envoyé des messages à deux jeunes de 15 ans entre 2013 et 2016, évoquant des scénarios sexuels. Il a également été reconnu coupable d'avoir demandé à un adolescent de 16 ans de se dénuder lors d'une audition pour un film qui n'a jamais été réalisé.
En plus de ces accusations, il a été condamné pour harcèlement sexuel, ayant exercé des pressions pour obtenir un acte sexuel d'un jeune comédien. Sa peine de 18 mois de prison avec sursis est désormais définitive.
La situation de Jean-Marc Morandini soulève des questions complexes au sein du groupe Bolloré et au-delà. Les réactions des médias et des figures politiques montrent un mécontentement croissant face à sa présence à l'antenne. Alors que Morandini continue à défendre sa position, les victimes et leurs soutiens semblent déterminés à faire entendre leur voix.