BUENODIA

Mort de Quentin Deranque : Mélenchon en meeting sous tension à Lyon

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Lyon, sur scène devant une foule, ambiance tendue et banderoles visibles

Meeting à la Bourse du travail : un rendez‑vous prévu qui porte désormais une forte charge politique

Un meeting programmé de longue date prend une tout autre résonance à Lyon ce jeudi soir, après la mort de Quentin Deranque et les accusations qui fragilisent la gauche radicale : malgré la tension, Jean‑Luc Mélenchon maintient son déplacement pour soutenir la candidate de LFI, Anaïs Belouassa‑Cherifi, et promet de prendre la parole vers 20 heures à la Bourse du travail.

La décision de maintenir le rassemblement intervient alors que la campagne municipale s’enflamme, et que journalistes et électeurs s’interrogent sur la portée politique d’un meeting placé sous le signe du recadrage et de la solidarité militante.

Une mise en examen qui pèse sur LFI et la Jeune Garde

Un collaborateur parlementaire du député Raphaël Arnault, originaire de Lyon et cofondateur du mouvement antifasciste dissous La Jeune Garde, a été mis en examen pour complicité d’homicide, une accusation qui soulève désormais des débats sur la responsabilité collective et individuelle au sein des mouvements militants.

Face à ces révélations, LFI rejette toute implication indirecte dans la mort de Quentin Deranque ; néanmoins la défense publique du mouvement a pris un ton plus revendicatif que conciliant. « Nous ne renierons pas nos camarades et amis de la Jeune Garde. Nous ne chasserons pas de nos rangs le camarade Raphaël Arnault », a affirmé Jean‑Luc Mélenchon en début de semaine, rappelant un principe de solidarité qui divise l’opinion.

De son côté, Anaïs Belouassa‑Cherifi a insisté sur la vocation protectrice du groupe : « l’objet même de la Jeune Garde, c’était de protéger les Lyonnaises et les Lyonnais progressistes », a‑t‑elle déclaré mardi soir sur BFMTV, tentant d’enclore le débat sur un registre de légitimité militante.

La défiance de l’opinion et l’enjeu sécuritaire du rassemblement

Pour le grand public, ces explications peinent à convaincre : selon un sondage Elabe pour BFMTV publié jeudi, 66 % des Français ne sont pas d’accord avec l’idée qu’un employeur ne peut être tenu responsable des actes commis par ses collaborateurs, un chiffre qui complexifie la lecture politique de l’affaire et alimente la défiance.

Dispositif policier renforcé

Sur le terrain, la sécurisation du meeting est devenue un enjeu central, d’autant que Lyon est régulièrement le théâtre d’affrontements entre groupes d’ultragauche et d’ultradroite, et que la marche en hommage au militant nationaliste le week‑end précédent a été marquée par des saluts nazis.

Si « aucune menace caractérisée » n’a été repérée à ce stade, « compte tenu du contexte », un dispositif renforcé a été déployé, selon une source policière : une compagnie de CRS et des effectifs de la police nationale seront mobilisés pour sécuriser notamment les accès par transports en commun et prévenir tout débordement.

En réponse aux inquiétudes, l’entourage du leader insoumis assure que l’organisation du meeting est rodée. « Nous sommes parfaitement bien organisés et préparés, comme nous le sommes pour chacun de nos meetings », rappelle‑t‑on, en insistant sur la force du mouvement dans le Rhône, département où LFI dispose de quatre députés.

Une journée politique qui dépasse le seul meeting lyonnais

La journée lyonnaise ne se limite pas à ce rendez‑vous de campagne : deux autres figures de la gauche seront présentes dans la ville, mais séparément — François Hollande pour la diffusion d’un documentaire le concernant, et Yannick Jadot venu soutenir les candidats écologistes Grégory Doucet et Bruno Bernard —, ce qui traduit la diversité des filiations et des soutiens au sein du camp de gauche.

Par ailleurs, la campagne accélère partout en France : la journée marque le dernier délai pour déposer les listes en préfecture avant 18 heures, et plusieurs meetings se tiennent simultanément — à Toulouse, l’Insoumis François Piquemal tient un rassemblement ; à Strasbourg, la maire écologiste Jeanne Barseghian cherche à redresser sa campagne ; et à Pau, l’ancien Premier ministre François Bayrou présentera son programme — autant de rendez‑vous qui montrent l’intensité de la veille électorale.

Le rendez‑vous à la Bourse du travail devrait donc se tenir comme annoncé, Jean‑Luc Mélenchon prenant la parole vers 20 heures aux côtés d’Anaïs Belouassa‑Cherifi, tandis que l’affaire judiciaire qui vise un proche de Raphaël Arnault continue de peser sur le déroulé politique et la perception publique.

Publié le : 26 février 2026
link