Val-d’Or frappée par des incendies criminels meurtriers
Val-d’Or n’est plus seulement une ville tranquille de l’Abitibi : en l’espace de quatre jours, trois personnes y ont trouvé la mort dans une série d’incendies criminels qui a réduit en cendres commerces et logements du centre-ville. Trois personnes sont mortes en quatre jours dans une série d'incendies criminels à Val-d'Or. La Sûreté du Québec affirme qu'il s'agit probablement d'actes liés au crime organisé.
Le climat rappelle Montréal, selon André Gélinas, sergent détective retraité du Service de police de la Ville de Montréal : « Ça fait penser à Montréal, où plusieurs restaurants sont incendiés. » Pour lui, les adresses visées ne sont pas choisies au hasard : commerces et lieux fréquentés par des groupes criminels peuvent être attaqués dans le cadre de règlements de compte, d’extorsion ou de dettes impayées.
Victimes et destructions au centre-ville
Le maire Serge Allard confirme que la Sûreté du Québec parle de crime organisé et évoque des similitudes avec des événements récents à Sept-Îles, au Saguenay et en Beauce. Ces régions ont connu, ces dernières années, une guerre liée au trafic de stupéfiants opposant notamment les Hells Angels au Blood Family Mafia, un contexte qui, selon les autorités, pourrait expliquer l’escalade.
Le bilan humain est lourd et précis. Un homme de 59 ans a été retrouvé sans vie dans les décombres d’un immeuble incendié vendredi; selon les informations disponibles, il pourrait s’agir d’un employé d’un commerce ou de l’immeuble. Quelques jours plus tôt, un père de 42 ans et sa fille de 15 ans ont péri dans un autre feu déclenché à moins de deux kilomètres de là. Au moins une personne a été blessée; plusieurs commerces ont été détruits et de nombreuses personnes se retrouvent à la rue.
Parmi les victimes collatérales, la propriétaire de la Bijouterie Baribeau, Lyne Michaud, a vu son commerce et l’immeuble qui l’abritait partir en fumée vers 4 h du matin. « Je voyais les locataires évacués par les pompiers. Les gens étaient en pleurs, ils étaient dévastés », raconte-t-elle, encore en colère. L’immeuble comprenait aussi un magasin d’instruments de musique et un restaurant ; Mme Michaud a été alertée par son système d’alarme et est arrivée sur place une demi-heure plus tard.
Enquête, peur locale et impact sur la communauté
Face au choc, la Sûreté du Québec a dépêché des équipes spécialisées à Val-d’Or. Pour l’année 2025, la région n’avait recensé que 13 incendies criminels : l’épisode actuel marque donc une rupture inquiétante. « Il y a un climat de peur et d’incertitude, surtout chez les personnes qui habitent près du centre-ville », note Anny Champagne, résidente.
Le maire assure qu’il regardera la situation des personnes évacuées en début de semaine. Entre-temps, la question reste posée : la violence urbaine orchestrée par des groupes criminels est-elle en train de s’implanter durablement en région? Les autorités promettent des investigations, mais pour les habitants, l’urgence est d’abord de retrouver un toit.
