
Dans la commune de Dieuze, en Moselle, un petit périmètre de quelques mètres carrés suscite de vives passions depuis deux décennies. Surnommée avec ironie « la cabane », cette zone est au cœur d'un projet d'embouteillage d'eau qui soulève de nombreuses controverses.
Au début des années 2000, Dieuze a entrepris de forer deux puits profonds pour extraire de l'eau, dans le but de lancer une entreprise d'embouteillage. À l'époque, la commune abritait un régiment de militaires et cherchait à diversifier son développement économique sous l'impulsion de l'ancien maire, Fernand Lormant.
Vingt ans plus tard, malgré le départ des militaires, le projet d'embouteillage reste en suspens. La question de l'implantation d'une usine de mise en bouteilles demeure sans réponse, face à des obstacles persistants et à l'opposition de l'association « Eau secours saulnois ».
Le projet d'embouteillage prévoit de pomper près de 800 000 m³ d'eau par an, avec une filiale de la société Alma comme candidate à cet investissement. Les partisans avancent l'argument de la création d'une trentaine d'emplois directs et de 90 emplois indirects, ainsi que des rentrées financières significatives pour les collectivités.
Malgré ces avantages, les opposants soulignent les risques de pollution des nappes phréatiques et les inquiétudes liées à la circulation de 150 camions par jour sur la route principale, pour transporter les bouteilles. Ces préoccupations sont exacerbées par l'historique géologique de la région, riche en sel.
Lors d'un récent conseil municipal, des tensions ont éclaté, nécessitant l'intervention des gendarmes. Les opposants, dont l'association « Eau secours saulnois », revendiquent une quarantaine de membres et alertent sur les dangers potentiels du projet. Le silence des élus, notamment du maire Jérôme Lang, suscite également des interrogations.
Fernand Lormant, ancien maire, a justifié la nécessité de ce projet face à la déclinaison des recettes fiscales et de la population. Toutefois, cette position est contestée par ceux qui craignent pour l'environnement et la qualité de l'eau.
Fin novembre 2025, les élus communautaires ont voté contre la vente des terrains nécessaires à l'implantation de l'usine, avec une courte majorité. Cette décision est un frein à l'avancement du projet, mais le feuilleton n'est pas terminé.
Le 17 décembre, les dirigeants de l'usine Alma ont tenté de convaincre à nouveau les élus lors d'une réunion à huis clos. Les doutes persistent quant à l'issue de cette rencontre, alors que des élus pourraient envisager de changer d'avis.
La situation à Dieuze est marquée par des tensions autour du projet d'embouteillage d'eau. Alors que les partisans soulignent les bénéfices économiques, les opposants mettent en avant les risques environnementaux. Le vote décisif prévu pour le 28 janvier 2026 pourrait bien déterminer l'avenir de cette controverse persistante.