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Une multinationale lie les promotions à l’IA

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Employé devant un écran affichant une IA, avec le logo d’une multinationale et un tableau de promotions

Accenture impose l'usage de l'IA comme critère de promotion

Une consigne interne de Accenture, envoyée le 24 février 2026, a mis les équipes en alerte : la maîtrise de l'intelligence artificielle n'est plus seulement un atout, elle devient une condition pour grimper les échelons. Le courrier indique que l'« usage régulier » des outils d'IA sera pris en compte pour envisager une promotion vers le management, et précise que « l'utilisation de nos outils clés sera un critère important des discussions sur l'avancement des talents au rang de manager durant l'été ». Ainsi, la transformation technologique passe d'une injonction à un critère RH explicite.

Le ton de la consigne surprend par sa fermeté ; il ne s'agit plus d'encourager la formation, mais de lier clairement évolution de carrière et pratique concrète de l'IA. Pour les collaborateurs, cette injonction transforme une compétence technique en exigence professionnelle — une bascule qui interroge autant les méthodes d'évaluation que la posture managériale attendue.

Formation massive, résistances visibles

Le groupe assure avoir déjà formé plus de 550 000 salariés à l'intelligence artificielle générative, preuve d'une mobilisation à grande échelle et d'un investissement pédagogique massif. En effet, ces chiffres montrent que la direction multiplie les initiatives pour accélérer l'appropriation des outils, cependant la conversion n'est pas totale : certains profils, notamment des seniors et des associés, affichent une résistance au changement et peinent à intégrer ces nouvelles pratiques.

Réactions internes et propos tranchants

Lors d'une conférence téléphonique à la rentrée 2025, la patronne, Julie Sweet, avait déjà averti que les salariés réfractaires « ne feraient pas long feu » dans l'entreprise, et elle avait ajouté : « Nous nous séparons dans un temps très court des personnes dont nous pensons, selon notre expérience, qu'elles ne pourront pas apprendre les compétences nécessaires. » Face aux récalcitrants, certains responsables ont même pu tenir des propos plus crus — « Il faut les harceler » — témoignant d'une impatience qui alimente le malaise chez ceux qui doutent ou qui revendiquent un besoin de temps supplémentaire pour se former.

Le conseil tout entier fait monter les enchères sur l'IA

La démarche d'Accenture s'inscrit dans un mouvement plus large du secteur : vouloir rester compétitif implique désormais d'intégrer l'intelligence artificielle au cœur des pratiques de conseil. En janvier, des informations ont indiqué que McKinsey teste désormais les compétences en IA lors des entretiens de recrutement, et, de son côté, KPMG a fixé la maîtrise de l'IA comme objectif annuel, évalué pendant les entretiens d'appréciation. De plus en plus, les cabinets envoient un message identique : sans compétences en IA, il devient difficile de promettre de la valeur ajoutée à leurs clients.

Des zones d'ombre et des choix difficiles pour les salariés

Reste la traduction concrète de ces nouvelles exigences : comment mesurera-t-on cet « usage régulier » ? Quels outils seront pris en compte dans l'évaluation ? De quelle manière concilier une formation accélérée avec la réalité et les responsabilités des métiers seniors ? Ces questions pratiques soulignent un décalage entre l'urgence proclamée et la nécessaire adaptation des modes de travail.

Pour les salariés, la pression se matérialise vite en un ultimatum implicite : apprendre rapidement, s'approprier des outils parfois complexes, ou se préparer à partir. Néanmoins, cette alternative binaire laisse peu de place aux parcours singuliers et risque d'engendrer des départs forcés, des tensions internes et une perte de savoir-faire si la transition n'est pas accompagnée avec souplesse.

Ce que cela signifie pour l'avenir professionnel

Au-delà d'Accenture, l'exigence d'une maîtrise opérationnelle de l'IA redéfinit des repères professionnels : la technicité devient un marqueur de performance, et la capacité d'apprentissage continu se transforme en critère de sélection. Ainsi, la carrière dans le conseil semble devoir se réinventer autour d'une double compétence — expertise sectorielle et savoir-faire technologique — pour rester pertinente.

En fin de compte, cette montée en puissance de l'IA dans les critères de promotion pose un choix stratégique aux entreprises et aux individus : construire des parcours d'adoption inclusifs et progressifs, ou accélérer au risque d'exclure des talents. Le défi n'est pas seulement technique, il est profondément humain et organisationnel.

Publié le : 24 février 2026
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