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Nahel : plus de 1 000 personnes à Nanterre pour justice

Manifestation à Nanterre pour Nahel, plus de 1 000 personnes rassemblées avec pancartes et banderoles

Marche à Nanterre pour réclamer justice

Près d’un millier de personnes ont marché dans les rues de Nanterre, samedi 21 mars, pour réclamer justice après la mort de Nahel Merzouk. Le cortège, rythmé par des chants et des T‑shirts à son nom, a été conduit par sa mère juchée sur un camion : « Je veux que l’on crie justice pour toutes nos victimes », a‑t‑elle lancé, rassemblant des familles ayant perdu un fils, un frère, un père dans des circonstances similaires.

Quand la douleur devient colère collective

La douleur individuelle se transforme ici en colère collective. « Nos morts ne sont pas des faits divers », scandent les proches, qui brandissent aussi les noms d’El Hacen Diarra, Baba, Souheil, Sullivan, Adama… Samia, proche de Mounia Merzouk, accuse la police et la justice de « disposer des corps de nos enfants comme s’ils étaient des animaux » et d’entraîner la destruction de familles entières.

Requalification judiciaire contestée par les familles

La décision judiciaire qui a relancé la mobilisation est nette et contestée. Le 5 mars, la cour d’appel de Versailles a ordonné que le policier impliqué soit jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et non plus pour homicide. Pour de nombreux manifestants et élus présents, cette requalification revient à dévaluer la vie de Nahel : selon Sabrina Sebaihi, élue écologiste des Hauts‑de‑Seine, l’affaire ne sera plus portée devant une cour d’assises mais devant une juridiction moindre, comme si « la vie de Nahel n’avait pas de valeur ».

Dimension politique et figures de la mobilisation

La portée politique du jugement alimente l’indignation. Samia El Khalfaoui, tante de Souheil — tué par la police après un refus d’obtempérer à Marseille en août 2021 — parle d’une « symbolique terrible » : selon elle, le climat législatif et certaines propositions de loi tendent à accorder « un permis de tuer » aux forces de l’ordre. Assa Traoré, devenue figure nationale contre les violences policières, a embrassé Nadia Merzouk et rappelé que « le racisme existe » dans la police : « le gouvernement refuse de reconnaître qu’il est systémique », a‑t‑elle affirmé.

Visages jeunes, députés, militants et rappel des faits

Parmi les marcheurs, des visages jeunes et déterminés. Brahim, 15 ans, brandissait la même colère que les parents : « Nous n’en pouvons plus du traitement que nous réserve la police dans nos quartiers », dit‑il, appelant à ne ni oublier ni pardonner.

Des députés et des militants étaient aussi présents, transformant la colère intime en pression politique. Près d’un millier de personnes ont marché dans les rues de Nanterre, samedi 21 mars. La cour d’appel de Versailles a décidé le 5 mars que le policier serait jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Publié le : 22 mars 2026
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