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Une Nantaise de 86 ans détenue dans un centre de rétention de l’ICE aux États-Unis

Une Nantaise de 86 ans assise derrière une vitre dans un centre de rétention de l’ICE aux États-Unis

Arrestation en quelques minutes à Anniston (Alabama)

Le 1er avril, la vie de Marie‑Thérèse a basculé en quelques minutes. À 86 ans, cette Française vivant à Anniston, en Alabama, a été arrêtée chez elle par des agents de l’ICE, menottée « aux mains et aux pieds, comme une dangereuse criminelle », raconte son fils. Elle est aujourd’hui enfermée dans un centre de rétention en Louisiane.

Détention à Anniston et situation dans le centre

Anniston (Alabama), lieu de son domicile, a vu l’arrestation se produire le 1er avril. Elle est détenue dans un centre de rétention en Louisiane au milieu d’environ 70 autres détenus.

Un papier manquant et un mariage qui traverse l’Atlantique

Son cas tient d’abord à un papier qui manque: la carte verte. Installée aux États‑Unis en avril 2025, elle avait épousé Billy, un ancien soldat américain qu’elle avait rencontré sur une base de l’OTAN à Montoir‑de‑Bretagne, près de Saint‑Nazaire, à la fin des années 1950. Veufs tous les deux, ils avaient repris contact fin 2022 ; Billy est décédé en janvier dernier, avant que la procédure d’obtention du statut permanent ne soit finalisée.

Conditions de santé et promiscuité inquiétante

La détention tombe au pire moment. Selon son fils, joint par France Inter, Marie‑Thérèse souffre de problèmes cardiaques et de douleurs au dos.

« Au vu de sa santé, elle ne tiendra pas un mois dans de telles conditions de détention », dit‑il. Dans le centre, elle partage des cellules avec une soixantaine d’autres détenus, une promiscuité qui inquiète sa famille.

Tensions familiales et possibles dénonciations

Les circonstances de l’interpellation soulèvent aussi des questions familiales. D’après la presse locale, des tensions sont nées après la mort de Billy: l’un de ses fils la menaçait, lui coupait l’eau, l’Internet et l’électricité.

La famille de Marie‑Thérèse suppose qu’un membre de la belle‑famille l’a peut‑être dénoncée à l’ICE, mais le fils le reconnaît franchement: « Nous le supposons. Mais nous n’en avons pas la preuve. »

Suivi diplomatique et débat autour des méthodes

Le consulat général de France à Atlanta suit l’affaire « avec attention » et la famille, contactée via le maire d’Orvault, Sébastien Arrouët, refuse pour l’instant de s’exprimer davantage.

Sur le plan politique, l’ICE est souvent critiquée pour ses méthodes; depuis le retour de Donald Trump à la Maison‑Blanche, l’agence a été renforcée, avec un recrutement annoncé de 10 000 « agents de déportation ». ICE, créée après les attentats du 11 septembre 2001, reste au cœur d’un débat national sur l’immigration et la sécurité.

Appel urgent: rapatriement ou soins appropriés

Pour l’instant, l’urgence est humaine et simple: rapatrier Marie‑Thérèse ou obtenir des soins adaptés. Sa famille réclame sa sortie immédiate du centre de rétention. Ils craignent que, malade et isolée, elle ne survive pas longtemps à ce régime.

Publié le : 12 avril 2026
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