
La guerre au Moyen-Orient continue de monter d’un cran. Dimanche, Iran et Israël se livrent à de nouvelles frappes réciproques tandis que plusieurs États du Golfe signalent des attaques iraniennes sur leur sol. Samedi, les rebelles houthis pro-iraniens du Yémen ont ouvert un nouveau front en lançant deux attaques contre Israël, étendant encore une conflagration déjà régionale.
L’armée israélienne affirme avoir frappé un site clé de production de missiles en Iran et fait état d’un « impact » dans une zone industrielle du sud d’Israël. De leur côté, les Gardiens de la Révolution — l’armée idéologique de l’Iran — ont menacé de viser des universités américaines implantées au Moyen-Orient ; cette fuite en avant a poussé une université de Beyrouth à basculer temporairement ses cours en ligne. Les tensions sont si fortes que Téhéran accuse publiquement Washington de préparer « secrètement » une offensive terrestre, tout en menant en apparence des efforts diplomatiques pour enrayer la spirale.
Les Gardiens de la Révolution menacent de frapper des universités américaines au Moyen-Orient. Le Pakistan joue un rôle d'intermédiaire entre les États-Unis et l'Iran.
Pendant que les armes parlent, la diplomatie s’agite en coulisse. Des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens se sont réunis en quadripartite à Islamabad pour tenter de dessiner une issue. Le Pakistan se présente comme médiateur entre Washington et Téhéran, et selon des informations relayées par la presse, les discussions ont porté notamment sur des propositions destinées à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation commerciale — un point stratégique dont la fermeture menacerait l’économie mondiale.
Sur le front libanais, la crise prend une autre tournure. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné d’« étendre la zone de sécurité » dans le sud du Liban, où l’armée israélienne mène des opérations contre le Hezbollah, allié de l’Iran. Ce mouvement augmente le risque d’un embrasement multi‑fronts : nord contre le Hezbollah, est contre l’Iran, et mer contre des lignes de ravitaillement vitales.
La situation tient à la fois de la confrontation militaire et du ballet diplomatique — deux réalités qui avancent en sens inverse et rendent la sortie de crise incertaine. Tant que ces dynamiques ne convergeront pas vers un compromis concret, le conflit risque de s’élargir plutôt que de se contenir.