
Début décembre, les oreilles du maire de Quiberville-sur-Mer, Jean-François Bloc, ont légèrement sifflé. Quelques jours après le raccordement symbolique de la Saâne à la Manche, le centre-bourg a été inondé à marée haute. Ce phénomène est dû à un fort coefficient de marée et à des conditions climatiques défavorables.
Depuis plus de dix ans, le maire défend l'idée audacieuse de laisser la mer rentrer dans la basse vallée de la Saâne. Cette initiative vise à prévenir les inondations et les effets de la montée des eaux. Au lieu de construire des digues, dont l'efficacité serait temporaire, il propose une solution durable.
Jean-François Bloc admet que la réaction des habitants est compréhensible. Il explique : « Même nous, on était un peu abattus. On s’est fait un peu surprendre, mais en quelques heures, c’était réglé. » Il préfère parler d’un débordement ponctuel plutôt que d’inondation, soulignant que la situation était bien moins grave que lors des inondations de 1999.
Pour Laurent Topin, directeur du syndicat mixte des Bassins-versants, cet incident est lié à l'état d'avancement des travaux. Il précise que cette phase était nécessaire avant de continuer les opérations de remblaiement et de terrains. Les aménagements, comme les chemins surplombant le fleuve, sont encore à réaliser.
Il reste beaucoup de travail à accomplir avant la fin des travaux prévue pour juin. Jean-François Bloc est conscient que les prochaines étapes seront observées de près par les habitants. Ils ont vu leur front de mer se transformer radicalement ces dernières années.
La destruction de la buse en béton, qui permettait l'écoulement du fleuve, a été remplacée par un pont plus large. Ce changement facilite le passage de la Saâne vers la mer. De plus, le camping municipal a été déplacé pour créer une nouvelle zone de rencontre entre les eaux de la Saâne et celles de la Manche.
Jean-François Bloc annonce la création d'un comité scientifique pour observer les évolutions de la vallée. Ce comité tirera des enseignements à long terme sur l'environnement en mutation. L'élu précise que ce nouvel écosystème mettra sans doute plusieurs années à se stabiliser.
En somme, le projet de Quiberville-sur-Mer représente une approche innovante face aux défis environnementaux. Malgré les défis rencontrés, les autorités restent déterminées à mener à bien ce chantier. La collaboration entre les élus et les scientifiques sera essentielle pour garantir le succès de cette transformation.