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Nvidia accélère pour devenir le « parrain » de l’IA

Logo Nvidia sur une puce graphique, éclairé en vert, avec circuits imprimés en arrière-plan

Nvidia, le vendeur de « pelles » de la ruée vers l’IA

Quand la ruée vers l’or californienne a fait fortune en 1849, ce n’étaient pas les chercheurs d’or mais les vendeurs de pelles et de pioches qui ont ramassé le pactole ; aujourd’hui, la logique se répète avec l’intelligence artificielle, et Nvidia apparaît comme ce fournisseur indispensable. Ainsi, loin des projecteurs sur les modèles et les promesses, ce sont les infrastructures — serveurs, cartes graphiques et centres de données — qui empochent la plus grosse part des gains immédiats.

Des résultats qui confirment une demande inépuisable

Lors de la présentation des résultats du 25 février, la firme a confirmé ce que le marché craignait et espérait à la fois : la demande pour ses puces, au cœur des centres de données dédiés à l’IA, ne faiblit pas. En effet, Nvidia a annoncé un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 20 % par rapport au trimestre précédent, un profit net en augmentation de 35 % et une marge brute portée à 75 %, contre 73,4 % auparavant.

Prévisions ambitieuses pour 2025

La société affiche des perspectives audacieuses : pour 2025, elle anticipe un bénéfice net de 120 milliards de dollars et un chiffre d’affaires de 216 milliards, des montants en hausse d’environ 65 % par rapport à 2024. Ces chiffres traduisent non seulement la vigueur actuelle de la demande, mais aussi l’explosion des besoins en matériel pour entraîner et déployer des modèles à grande échelle.

Les géants de la tech financent la construction des centres de données

Les clients de Nvidia consacrent des capitaux colossaux à la construction et à l’équipement de centres de données, et ce sont ces dépenses qui alimentent directement les résultats de l’entreprise. Les principaux acteurs du secteur — Microsoft et Alphabet, parmi d’autres — ont déjà laissé entrevoir l’ampleur du mouvement en dévoilant leurs propres plans d’investissement.

Ensemble, ces géants prévoient d’investir près de 700 milliards de dollars en 2026, une somme qui illustre la volonté d’accélérer les capacités d’entraînement et de mise en production de l’IA. Néanmoins, l’annonce a aussi réveillé des doutes : Wall Street s’est inquiété de la rentabilité future de tels engagements, et les actions de certains titans de la tech ont reculé.

Pourquoi peu d’acteurs peuvent rivaliser avec Nvidia

Sous la direction de Jensen Huang, Nvidia a bâti une position difficile à contester en concevant non seulement des processeurs puissants, mais aussi un écosystème logiciel et matériel optimisé pour l’IA. De plus, créer et entraîner des modèles à l’échelle nécessite des serveurs spécialisés et des cartes graphiques de très haut niveau, des composants où peu de fournisseurs rivalisent aujourd’hui.

Investissements massifs : transformation productive ou bulle spéculative ?

La question politique et économique qui se pose est cruciale : ces investissements faramineux transformeront-ils la productivité et la croissance ou créeront-ils une bulle dont la facture finira par arriver ? En l’état, Nvidia encaisse les gains générés par la ruée, tandis que les autres acteurs doivent encore démontrer leur capacité à monétiser les promesses vastes et souvent abstraites de l’IA.

Quoi qu’il en soit, la dynamique est claire : tant que l’IA nécessitera des infrastructures coûteuses et spécialisées, ceux qui fabriquent et vendent ces « pelles » resteront au centre des retombées économiques. À court terme, Nvidia profite pleinement de cette configuration ; à plus long terme, la conversion de ces investissements en gains durables pour l’économie reste la grande inconnue.

Publié le : 26 février 2026
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