
La burbuja potentielle de l'intelligence artificielle a provoqué des fluctuations importantes sur les marchés boursiers depuis près de six mois. Les signes de contradiction sont omniprésents, alors que l'incertitude concernant l'impact économique de cette technologie demeure un sujet brûlant. Les investisseurs sont en alerte face à l'évolution rapide des entreprises de technologie.
Un jour, les actions des entreprises de logiciels chutent face à la montée d'Anthropic, qui propose des solutions permettant d'effectuer toutes les fonctions d'une entreprise via un seul fournisseur d'intelligence artificielle. Deux jours plus tard, ce sont les grandes entreprises technologiques qui voient leurs valeurs s'effondrer, car le marché craint un dépense excessive en centres de données pour un bénéfice incertain.
Les chiffres sont alarmants. Selon les projections de Goldman Sachs, Amazon, Google, Meta, Microsoft et Oracle devraient dépenser 660 milliards de dollars en centres de données d'ici 2026, soit une augmentation de 60 % par rapport à cette année. En 2027, ce montant pourrait atteindre près de 800 milliards de dollars, totalisant 1,4 trillion de dollars en seulement deux ans.
Malgré cette incertitude, certaines entreprises comme Nvidia continuent à prospérer. Le prix de l'action de Nvidia n'a augmenté que de 1 % en six mois, affichant une baisse de 3,21 % en début de semaine. Les géants de l'IA, tels qu'Alphabet et Tesla, souffrent également, avec des baisses respectives de 2,95 % et 4,17 %. Apple, Amazon et Microsoft enregistrent des pertes allant jusqu'à 15 %.
Cette tendance négative parmi les Sept Magnifiques entraîne une chute du Nasdaq, mais cela n'empêche pas certains secteurs de connaître une forte croissance. Les entreprises spécialisées dans les cartes mémoire, comme Samsung, SK Hynix et Micron, voient leur valeur boursière grimper.
César Gimeno, gestionnaire chez Mapfre AM, souligne le potentiel des actions liées à la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle, notamment dans les secteurs des mémoires et des semi-conducteurs. Il décrit le marché des mémoires comme un oligopole, peu flexible pour générer de nouvelles marchandises. La capacité de production est limitée, et une nouvelle usine nécessite trois à quatre ans et environ 6 milliards de dollars.
La demande croissante pour les mémoires, alimentée par les acheteurs de GPU de Nvidia, ne peut pas être satisfaite. Goldman Sachs a doublé ses prévisions de pénurie, estimant que plus de 4 % de la demande pourrait rester insatisfaite. La mémoire à haute bande passante (HBM) est particulièrement recherchée, car elle permet des connexions plus rapides, essentielles pour l'intelligence artificielle.
Cette situation a engendré une véritable fièvre d'investissement, avec des estimations de croissance qui se multiplient. SK Hynix a triplé sa valeur en trois mois, tandis que Samsung et Micron affichent également des augmentations significatives. Cependant, malgré ces performances, aucune des entreprises n'est pressée d'annoncer de nouvelles usines.
Les entreprises évaluent prudemment la demande réelle et la capacité d'investissement, craignant de surproduire et de faire chuter le marché. Gimeno souligne que ce secteur est historiquement cyclique, ce qui ajoute une couche d'incertitude à l'avenir des investissements dans les mémoires.
En résumé, l'impact de l'intelligence artificielle sur les marchés boursiers et les entreprises technologiques est complexe et en constante évolution. Les fluctuations actuelles témoignent d'une incertitude persistante, mais aussi d'opportunités significatives dans des secteurs comme les mémoires et les semi-conducteurs. Les investisseurs doivent naviguer avec prudence dans ce paysage dynamique et imprévisible.