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Odessa peine à se dérussifier en Ukraine

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Vue d’une rue d’Odessa en Ukraine, avec des panneaux en ukrainien et des bâtiments historiques en arrière-plan
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Nouvel élément factuel absent de la source :

  • Le 24 octobre 2025, le maire d’Odessa, opposé à la «dérussification», a été déchu de sa nationalité ukrainienne.
  • Il a été remplacé par une administration militaire.

Une cour qui défie l'histoire officielle

Derrière une façade classique d'inspiration italienne, une arrière‑cour d'Odessa refuse de se laisser ranger dans les cases. Les murs y sont peints à gros traits et le sol est jonché d'objets hétéroclites qui obligent à se croiser, tandis qu'une porte jaune, surmontée d'une bâche aux couleurs bleu et jaune de l'Ukraine, annonce un atelier sans prétention. Sur l'entrée, un écriteau simple et direct invite à « entrer sans sonner » : l'invitation, comme l'espace, brouille les frontières entre privé et public.

La ville portuaire et ses héritages imbriqués

La ville d'Odessa est une grande cité portuaire du sud de l'Ukraine, tournée vers la mer Noire, dont le développement a longtemps été lié aux enjeux géopolitiques de la région. En effet, la présence russe puis soviétique a structuré tant les infrastructures que la symbolique locale, et le port est resté un point d'ancrage économique autant que culturel.

Quand l'art prend la rue

Ici, l'art se mêle à la politique sans faire de manières : ateliers, façades et cours se transforment en lieux de réappropriation. Le peintre et plasticien Kyrylo Bondarenko et d'autres artistes ont multiplié les interventions — murs peints, installations, signes — pour marquer la mémoire urbaine comme un chantier vivant et visible.

Des gestes qui déconstruisent un récit

Ces interventions ne relèvent pas seulement d'un goût esthétique. Elles constituent une tentative délibérée de déconstruire un récit prorusse qui, pendant des décennies, a contribué à façonner l'identité de la cité portuaire. Ainsi, la rue devient support et scène d'une réécriture qui interroge autant le passé que le présent.

Mémoire et affrontements dans l'espace public

La bataille pour la mémoire ne se joue pas uniquement au niveau symbolique : elle s'incarne dans l'espace public. Plaques, statues, plaques commémoratives et appellations sont autant de points de friction, et les ateliers où l'on peint, colle ou efface deviennent des ateliers de débat et d'action civique.

Des décisions lentes, parfois chaotiques

La dé-russification d'Odessa n'est ni linéaire ni consensuelle : les choix sont souvent lents et contestés, parcourus d'incertitudes. Certains riverains et associations plaident pour la préservation d'un « héritage culturel russe » qu'ils considèrent indissociable de l'histoire locale, tandis que d'autres réclament une rupture nette avec les symboles de la domination passée.

Entre compromis et rupture

Entre ces positions divergentes, la municipalité, les groupes civiques et les habitants tâtonnent pour tracer une voie praticable. Des voix appellent au compromis et à la coexistence des mémoires, d'autres exigent des gestes clairs ; le résultat est un patchwork d'initiatives, parfois complémentaires, parfois concurrentes.

Les signes visibles au quotidien

Pour qui traverse ces quartiers artistiques, la transformation se lit d'abord dans les détails : une bâche aux couleurs nationales, un atelier ouvert sans formalités, un message peint sur un mur. Ces signes disent une ville qui se réinvente à vue, et rendent palpable une politique qui se joue autant sur la symbolique que sur le quotidien.

Entre fierté, douleur et nostalgie

Pour certains, ces marqueurs sont des expressions de fierté et d'affirmation nationale ; pour d'autres, ils sont des provocations qui réveillent des rancœurs enfouies. En mêlant les couches — peinture, débats, décisions — la cité avance pourtant, pas à pas, vers une recomposition de son identité, sans que l'issue soit jamais entièrement réglée.

Odessa réécrit son récit en direct : le geste est à la fois local et politique, il touche au quotidien des habitants et à la manière dont la nation se raconte. La transformation continue, discrète et parfois bruyante, mais elle laisse désormais des traces visibles que la ville devra composer, aujourd'hui comme demain.

Publié le : 24 février 2026
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