
Une bataille inhabituelle se déroule autour des Jeux Olympiques d'hiver à Milan, non pas sur les pistes, mais sur Internet. Au cœur de cette controverse se trouvent deux athlètes, Eileen Gu, skieuse freestyle, et Alysa Liu, patineuse artistique. Bien qu'elles partagent des racines américaines et chinoises, leurs choix de représentation suscitent des réactions opposées.
Eileen Gu, surnommée "Princesse de la Neige", est née en Californie d'une mère chinoise et d'un père américain. Élevée par sa mère, Yan Gu, elle a grandi dans un environnement bilingue et multiculturel. Gu a commencé le freeskiing à l'âge de trois ans et a rapidement fait ses preuves en remportant des championnats nationaux.
En 2019, elle a choisi de représenter la Chine aux Jeux Olympiques, affirmant vouloir "inspirer des millions de jeunes". Sa décision a été saluée en Chine, où elle est devenue une icône sportive, attirant des millions de followers sur les réseaux sociaux. Cependant, cela a également suscité des critiques aux États-Unis, où certains la considèrent comme une traîtresse.
Alysa Liu, quant à elle, est la fille d'un activiste politique qui a fui la Chine après les protestations de Tiananmen. Elle a grandi en Californie et a remporté le championnat américain de patinage artistique à un jeune âge. Liu représente les États-Unis et suscite l'admiration pour son parcours, en particulier en raison de l'héritage de son père.
Malgré son succès, Alysa Liu est moins médiatisée sur les réseaux sociaux chinois, où son histoire est souvent perçue à travers le prisme de son antagonisme envers le régime chinois. Cela crée un contraste frappant avec Gu, qui incarne une culture de luxe et de réussite.
Les critiques à l'encontre d'Eileen Gu se sont intensifiées, notamment après qu'elle ait exprimé des sentiments mitigés sur la représentation des États-Unis. Des figures comme l'ancien joueur de la NBA, Enes Kanter Freedom, l'ont qualifiée de "traîtresse" pour avoir choisi de concourir pour la Chine. Ce type de discours met en lumière les tensions entre les États-Unis et la Chine.
Les commentaires sur les réseaux sociaux révèlent une fracture au sein de la communauté américaine, où les athlètes d'origine asiatique doivent naviguer dans un paysage social et politique précaire. La loyauté nationale devient un critère central pour l'évaluation de leur identité.
La rivalité entre Eileen Gu et Alysa Liu dépasse le simple cadre sportif. Elle soulève des questions complexes sur l'identité, la loyauté et les expériences d'immigrants. Alors que les Jeux Olympiques continuent, le sport semble devenir un arrière-plan à une discussion plus large sur les nationalités et les choix individuels. Ces deux athlètes, bien que partageant un héritage commun, sont devenues des symboles de deux narrations opposées dans un monde de plus en plus polarisé.