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Des Palestiniens votent aux élections locales en Cisjordanie et à Gaza

Palestiniens déposant leur bulletin dans une urne lors d’élections locales en Cisjordanie et à Gaza

Scrutin dispersé et participation faible

Pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre de 2023, des Palestiniens ont voté samedi pour des conseils municipaux, dans un scrutin marqué par une concurrence réduite et une forte frustration populaire. Les bureaux ont ouvert en partie de la Deir el-Balah et dans la zone de Deir el-Balah, à Gaza, mais l’affluence est restée faible : la commission électorale a annoncé un taux de participation de 15 % en fin de matinée.

Près de 1,5 million de Palestiniens sont inscrits en Cisjordanie et 70 000 à Deir el-Balah. La guerre israélienne, commencée en octobre 2023, a fait plus de 72 000 morts à Gaza selon le ministère de la Santé.

Compétition verrouillée et accusations d'entraves

La compétition est largement verrouillée. La majorité des listes soutiennent le parti laïque-nationaliste Fatah du président Mahmud Abbas ou présentent des candidats indépendants ; aucune liste n’est affiliée au Hezbollah local du Hamas, qui contrôle presque la moitié de la bande de Gaza.

Dans de nombreuses villes, les tickets pro‑Fatah affrontent des indépendants liés à des formations comme le Front populaire de libération de la Palestine (marxiste-léniniste). Plusieurs candidats ont dénoncé des entraves : Mohammad Dweikat, tête de liste à Nablus, affirme que des membres de son équipe ont été détenus pendant la période d’enregistrement.

Enjeux locaux et pressions internationales

Les municipales ne votent pas la loi, mais gèrent l’eau, l’assainissement et les infrastructures locales — des enjeux quotidiens dans des villes fatiguées par le blocage politique. L’Autorité palestinienne est sous pression, accusée de corruption et de perte de légitimité, tandis que bailleurs occidentaux et régionaux conditionnent de plus en plus leur soutien à des réformes visibles au niveau local.

La Union européenne a qualifié ces élections d’« étape importante vers une démocratisation plus large et un renforcement de la gouvernance locale ». Le coordinateur de l’ONU, Ramiz Alakbarov, a salué un « processus crédible » organisé par la commission électorale.

Témoignages : scepticisme, espoir et symboles

Sur le terrain, le scepticisme côtoie l’espoir. À Al‑Bireh, Khalid Eid, 55 ans, a résumé ce mélange : « Nous devons voir du changement tous les quatre ans par les élections ... on espère remplacer des gens qui pourraient mieux développer la communauté. » À Tulkarem, Mahmud Bader, homme d’affaires, a expliqué pourquoi il votait malgré tout : « L’occupation est celle qui gouverne Tulkarem. Ce ne sera qu’une image montrée aux médias internationaux, comme si nous avions des élections, un État ou l’indépendance. »

Gaza reste largement inaccessible : les élections y sont limitées à Deir el‑Balah, choisie parce que sa population est restée « largement en place » après deux ans de guerre, selon des observateurs. Pour des jeunes comme Mohammed al‑Hasayna, 24 ans, le vote a une portée symbolique : « C’est la volonté de vivre. Nous méritons notre État. Assez de guerres — il est temps de reconstruire Gaza. »

Ce que disent ces élections sur la démocratie palestinienne

Avec le gel des élections législatives et présidentielles depuis 2006, ces scrutins municipaux restent l’un des rares rares points de démocratie locale encore en activité sous l’administration de l’Autorité palestinienne. Leur résultat dira peu sur la scène nationale, mais beaucoup sur la capacité des autorités à répondre aux besoins immédiats et à restaurer une part de confiance.

Publié le : 25 avril 2026
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