
La pandémie a modifié nos habitudes de consommation d'alcool, et une nouvelle enquête révèle que cette tendance persiste. Alors que beaucoup de Canadiens participent à Dry January, une étude du Centre de santé mentale et de toxicomanie (CAMH) soulève des inquiétudes sur la consommation d'alcool au Canada.
Un rapport récent du CAMH indique que les adultes qui consomment de l'alcool boivent en quantités plus élevées qu'avant la pandémie de COVID-19. Bien que la consommation globale d'alcool ait diminué à long terme, il est préoccupant de constater que les adultes buvant de l'alcool augmentent leur consommation.
La psychiatre Dr. Leslie Buckley souligne que l'impact des mesures de santé publique durant la pandémie a laissé des traces. Elle souhaite voir moins de personnes consommer de l'alcool à des niveaux liés à des dommages physiques et mentaux, mais l'accessibilité de l'alcool complique cette situation.
Selon Statistique Canada, la majorité des adultes consomment de l'alcool. Une enquête récente du CAMH a interrogé plus de 3 000 adultes en Ontario. Les résultats montrent qu'environ 76 % des adultes en âge légal ont consommé au moins une boisson alcoolisée au cours des 12 derniers mois.
Les habitudes de consommation hebdomadaire et quotidienne se démarquent. Le rapport révèle une augmentation de 3 % de la consommation quotidienne en 2025 par rapport à 2019. La consommation excessive, définie comme cinq verres ou plus en une occasion, a également augmenté de 3,6 % depuis le début de la pandémie.
Les conséquences physiques de la consommation fréquente d'alcool sont alarmantes. Santé Canada signale des risques tels que l'augmentation des cancers, des maladies cardiaques et des dommages aux organes, notamment au foie. Le Dr. Evan Wood souligne également l'impact négatif sur la santé mentale, avec des taux accrus de dépression et d'anxiété.
Une étude a révélé que les cas graves de cicatrisation hépatique ont plus que doublé au cours des 20 dernières années parmi les gros buveurs, avec un changement démographique vers des adultes plus âgés et des femmes.
Pour éviter des risques pour la santé, le Centre canadien sur l'usage des substances et la dépendance recommande de ne pas dépasser un à deux verres standards par semaine. Les directives de Santé Canada conseillent aux femmes de ne pas dépasser deux verres par jour, tandis que pour les hommes, la limite est de trois.
Ces recommandations sont considérées comme une consommation à faible risque. Cependant, de nombreux produits sur le marché, comme les cocktails pré-mélangés, affichent des taux d'alcool plus élevés, rendant la consommation plus risquée qu'on ne le pense.
Malgré ces préoccupations, une tendance générale vers une consommation réduite se dessine. CAMH a noté que le pourcentage de personnes ayant consommé de l'alcool au cours des 12 derniers mois a chuté à 76,2 % en 2025, le plus bas depuis 1977.
Dr. Buckley encourage les Canadiens à reconsidérer leur utilisation de l'alcool pour socialiser ou gérer le stress. Elle recommande d'augmenter l'activité physique et de participer à des activités sans alcool, comme des promenades ou des soirées jeux, pour améliorer la santé mentale.
La consommation d'alcool au Canada présente des défis importants, mais des changements positifs sont possibles. En prenant conscience des risques et en adoptant des habitudes plus saines, les Canadiens peuvent améliorer leur bien-être général et réduire leur dépendance à l'alcool.