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La panne géante en Espagne et au Portugal due à un « cocktail parfait »

Carte de l’Espagne et du Portugal avec icônes de coupures d’électricité et lignes du réseau en surbrillance

Panne ibérique du 28 avril 2025

Péninsule plongée dans le noir le 28 avril 2025

l’Espagne et le Portugal ont basculé dans le noir le 28 avril 2025, à 12 h 33. En quelques minutes, la péninsule a perdu l’électricité, puis Internet, les réseaux mobiles, les feux de signalisation et les terminaux bancaires — un effondrement simultané qui a paralysé la vie quotidienne.

Rapport d’experts : un « cocktail parfait » de facteurs

L'incident survenu le 28 avril 2025 a provoqué une panne généralisée à 12 h 33 qui a paralysé l'ensemble de la péninsule. Quarante-neuf experts ont rendu vendredi un rapport clair : il ne s’agissait pas d’une seule faute mais d’un « cocktail parfait » de facteurs défavorables.

Diagnostique technique centré sur la tension et les convertisseurs

Le cœur du diagnostic porte sur la tension. Le rapport relève une incapacité du système électrique ibérique à maîtriser des surtensions : « des fluctuations de tension et des phénomènes d’oscillations » ont provoqué des déconnexions massives de moyens de production, en particulier ceux « basés sur convertisseur », la technologie des éoliennes et panneaux solaires raccordés via onduleurs. En somme, l’onde de choc n’a pas été contenue, et la production moderne s’est mise hors service au moment critique.

Le document confirme et précise les conclusions préliminaires publiées en octobre : cette panne est la conséquence d’interactions complexes entre fragilités techniques, mécanismes de protection et architecture du réseau. Damian Cortinas, président du conseil d’administration d’Entso‑E, n’y va pas par quatre chemins : « la plus grande panne, la panne la plus grave que nous ayons jamais connue dans le système électrique européen depuis plus de vingt ans ». Sa formulation souligne l’ampleur — et l’exceptionnalité — de l’événement.

Les conséquences ont été brutales et immédiatement visibles. Hôpitaux, transports urbains, commerces et services numériques ont subi des interruptions, révélant à la fois la dépendance des sociétés modernes à un courant stable et la fragilité des systèmes interconnectés. Le rapport appelle implicitement à repenser le contrôle de la tension et les protections du réseau pour éviter que la transition énergétique — fondée sur des productions convertisseur‑intensives — ne crée de nouveaux risques systémiques.

La leçon est simple et exigeante : intégrer plus d’énergies renouvelables ne suffit pas ; il faut aussi renforcer la gouvernance et les instruments techniques du réseau pour contrôler les oscillations et coordonner les réponses en temps réel. Si rien n’est fait, un autre « cocktail » de circonstances pourrait recommencer.

Publié le : 21 mars 2026
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