
À quelques semaines des élections municipales, la bataille de l’affichage s'intensifie dans de nombreuses villes françaises. Ce processus est strictement encadré par la loi, ce qui complique la tâche des partis politiques.
La ville d’Angers (Maine-et-Loire) a récemment demandé la somme de 24 000 euros au Nouveau Parti anticapitaliste Révolutionnaires (NPA-R). Cette somme est due à l'affichage de près de 400 affiches électorales en dehors des zones autorisées, comme le rapporte Ouest-France.
Selon l’article L51 du Code électoral, les municipalités doivent fournir des emplacements spéciaux pour les affiches électorales. Tout affichage en dehors de ces zones est interdit à partir de six mois avant le scrutin.
Nouk Glemarec, candidat du NPA à Angers, souligne que dans les quartiers populaires, le nombre de panneaux est limité, rendant l'affichage difficile. Ce manque d'emplacements a suscité des réactions de la part d'autres candidats, comme Caroline Mecary et Oscar Maslard.
Oscar Maslard, tête de liste à Paris, déclare que « l’expression politique est bridée ». Il note que les candidats se retrouvent souvent désavantagés, ce qui entraîne un affichage sauvage dans les rues de la capitale.
Lors de l’ouverture de la période de réserve préélectorale, les communes peuvent installer des panneaux d’affichage libre pour les affiches électorales. Cependant, elles ne sont obligées de le faire qu'à partir du 2 mars, date de début de la campagne officielle.
La circulaire du ministère de l’Intérieur précise que les panneaux doivent être placés à proximité de chaque lieu de vote. Chaque liste doit avoir un panneau suffisamment grand pour afficher à la fois une petite et une grande affiche.
Le Code électoral définit les formats des affiches : 297 mm x 420 mm pour les petites et 694 mm x 841 mm pour les grandes. Les mairies peuvent également installer d'autres emplacements, en fonction de la taille de la commune.
Les communes avec moins de 500 électeurs doivent avoir au maximum 5 emplacements, tandis que celles avec moins de 5 000 votants peuvent en avoir jusqu'à 10. Les grandes villes peuvent en avoir encore plus, proportionnellement au nombre d'électeurs.
Le non-respect des règles d’affichage peut entraîner une mise en demeure et le retrait de l’affichage illégal. La personne responsable de l’affichage sauvage risque une amende de 1 500 euros, selon le Code de l’environnement.
De plus, le candidat tête de liste concerné pourrait faire face à une amende allant jusqu’à 15 000 euros. Ces sanctions soulignent l'importance de respecter la réglementation en matière d'affichage électoral.
En somme, la bataille de l’affichage électoral est un enjeu crucial pour les partis en campagne. Le cadre légal strict impose des défis, notamment pour ceux qui cherchent à se faire entendre dans les quartiers populaires. La situation à Angers et à Paris illustre bien ces tensions.