BUENODIA

Le pape Léon XIV dit que l’Église doit bâtir la paix, sans craindre Trump

Le pape Léon XIV salue la foule depuis un balcon, vêtu de blanc, avec la basilique en arrière-plan

Réplique impassible avant le départ pour l’Algérie

Le pape Léon XIV n’a pas bronché. Interrogé à bord de l’avion papal, en partance pour l’Algérie, il a répondu calmement aux piques du président américain — qui l’avait traité de « faible contre le crime » et « terrible en politique extérieure » — et prévenu qu’il continuerait d’élever la voix pour la paix.

« Je n’ai pas peur de l’administration Trump », a dit le pape en saluant, un par un, les quelque 70 journalistes présents à bord, dont la correspondante d’agence. « Je proclame le message de l’Évangile à haute voix — c’est pour cela que je suis ici. Nous ne sommes pas des hommes politiques. »

Pour Léon XIV, l’Église n’a pas la même perspective que Washington : son rôle est de « construire la paix », promouvoir le dialogue et le multilatéralisme, et s’opposer à la guerre.

Réponse à la menace contre l’Iran

Sa réplique visait surtout une phrase de M. Trump — la menace d’anéantir « toute une civilisation » dans un conflit avec l’Iran — que le pape juge « inacceptable ».

Sans le nommer, il a encouragé les fidèles à « communiquer » avec leurs élus pour défendre la paix. Il a aussi tempéré : « Les choses que je dis ne doivent pas être comprises comme une attaque contre quelqu’un. Le message de l’Évangile est très clair : heureux les artisans de paix. »

Ton pastoral et réactions personnelles

Léon XIV n’a pas seulement prononcé des formules pastorales. Il a rappelé que « trop de personnes souffrent aujourd’hui, trop d’innocents sont morts » et que quelqu’un doit se lever pour eux.

Il a confié ressentir « beaucoup » la dureté des propos qui lui sont adressés, mais a assuré qu’il resterait fidèle à sa mission. À la question sur le post de Trump sur Truth Social, il n’a pas résisté à une pointe d’ironie : « Le nom du site est déjà ironique, sans plus. »

Discours antérieurs et message au Vatican

Ce ton s’inscrit dans une ligne plus large depuis son élection : au cours de sa première Semaine sainte comme pontife, il a dénoncé « l’heure sombre » de la guerre, fustigé une « humanité à genoux » devant tant de brutalités et traité de « blasphèmes » des dirigeants qui croient « vaincre en tuant ».

Lors d’une audience au Vatican avec les membres du Synode caldéen de Bagdad, il a martelé que « Dieu ne bénit aucun conflit » et que les disciples du Christ ne se rangent pas du côté de ceux qui « d’abord brandissent l’épée, puis larguent des bombes ».

Itinéraire : voyages à venir et dates symboliques

Géographie simple et nette : il a entamé ce lundi son troisième voyage international en Algérie et se rendra ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale ; en juin il fera escale en Espagne. Le 4 juillet, jour de l’indépendance américaine, il a annoncé qu’il le passerait à Lampedusa, l’île italienne symbole des flux migratoires.

Publié le : 6 mai 2026
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