
Dans le comté de Prince George's, dans le Maryland, des parents s'alarment : le district scolaire envisage de supprimer plusieurs programmes d'immersion linguistique — dont le chinois à Paint Branch Elementary et l'espagnol à Capitol Heights Elementary — et de cesser d'accepter de nouveaux élèves dans les parcours d'immersion au collège Greenbelt et au lycée Largo. La direction assure que les élèves déjà inscrits pourront terminer leur cursus, mais les familles redoutent la fin d'années d'investissement pédagogique et culturel.
« À ce moment, ils veulent remplacer l'immersion par un cours de langue comme un autre », dit Ana Gutierrez, mère d'un élève de 7 ans à Paint Branch. Pei‑Hsuan Liu, doyenne académique du programme chinois, implore un compromis : « Si l'on doit couper, considérez une formule plus petite, par loterie, plutôt que d'éliminer complètement. » Le programme de Paint Branch, école Title I d'environ 500 élèves, est selon les parents le seul du district pour le chinois — sa disparition laisserait un vide.
Le programme d'immersion chinois de Paint Branch coûte 1,9 million de dollars au district. Le conseil scolaire doit voter le 26 février sur le budget et la proposition d'abandon des programmes d'immersion.
Le district invoque des raisons financières. PGCPS dit faire face à un déficit de 150 millions de dollars et qualifie le modèle d'immersion « d'un des plus coûteux » à maintenir, invoquant aussi des difficultés de recrutement d'enseignants et des ajustements constants du modèle, selon la Dr Judith White, directrice académique.
Une réunion d'information tenue le 3 février a détaillé ces points; un vote sur le budget est prévu le 26 février et une audience publique est programmée le 19 février, où des parents comptent témoigner.
La riposte s'organise : plus de 1 400 personnes ont signé une pétition en ligne demandant au conseil de revenir sur la décision, et des signataires soulignent que la manoeuvre menace aussi les programmes d'immersion en français et en espagnol au lycée. Les opposants dénoncent en outre des choix budgétaires contestables dans la proposition du district, citant des dépenses prévues pour la surveillance basée sur l'IA et des augmentations de salaires administratifs, pendant que des coupes touchent l'enseignement. Selon la pétition, les programmes de chinois et d'espagnol existaient depuis 2012–2014 et le français depuis 1985 — des décennies d'efforts que beaucoup refusent de voir effacées sans débat.
La scène est simple : des familles inquiètes, un district sous pression financière, et un calendrier serré pour décider du sort d'un enseignement qui fait plus que transmettre une langue. Le 19 et le 26 février, le conseil scolaire aura à trancher. Les voix de Paint Branch espèrent que ces dates suffiront à faire entendre que l'« option la moins chère » n'est pas forcément la meilleure pour une communauté déjà fragile.