
Dans un incident survenu ce mardi après‑midi, la cour‑square d’un immeuble de la rue Raymond‑Queneau, près de la porte de la Chapelle (XVIIIe), devait être un simple lieu de retrouvailles pour les enfants du quartier ; il restera gravé autrement dans la mémoire d’une fillette de 10 ans, venue rendre visite à une amie, qui a été mordue à plusieurs reprises par deux chiens, selon des témoins.
Alors que les deux copines croisaient une troisième enfant d’environ dix ans, qui promenait deux chiens de type staff, la scène a basculé en quelques secondes : décrit par les riverains comme « un gros et un petit », l’un des animaux a bondi sur la fillette, la faisant tomber et enchaîner des morsures aux mains, au pied et au mollet.
Les habitants, encore secoués, racontent que les chiens circulaient parfois en liberté dans la cour ; « Encore une fois ! » lâche un voisin, excédé par la répétition de ces situations dangereuses.
Avertis par les cris, plusieurs adultes sont accourus et ont dû intervenir pour maîtriser l’un des animaux : « Ils ont dû s’y mettre à trois », rapporte un résident, marqué par la scène et la difficulté à calmer les chiens.
Le Samu Necker a été dépêché sur place ; la jeune victime a été prise en charge puis transportée en urgence relative à l’Hôpital Robert‑Debré, accompagnée de sa mère. « La jeune fille va un peu mieux. Sa mère, toujours à son chevet, est très émue », confie Kévin Havet, adjoint au maire du XVIIIe chargé de la sécurité.
Pour les résidents, l’attaque n’est pas un fait isolé : depuis plusieurs années, des courriers auraient été adressés au bailleur ICF Habitat La Sablière pour dénoncer la présence de chiens sans laisse dans les parties communes et les nuisances répétées, en particulier dans le square réservé aux enfants.
Plusieurs témoins racontent même que le propriétaire enfermait parfois les chiens dans l’aire de jeux et bloquait l’accès avec une corde, en ordonnant aux enfants de sortir pour laisser les animaux se « défouler » — un comportement que les familles considèrent inacceptable et dangereux.
Du côté du bailleur, on assure que des équipes sont mobilisées « depuis plusieurs mois » face à une situation « qui n’a cessé de s’aggraver ». Dans « le strict cadre légal », ICF Habitat La Sablière détaille avoir engagé des démarches graduelles : deux courriers recommandés envoyés en avril puis en juillet 2025, suivis d’une sommation de cesser les nuisances en décembre dernier.
Pour autant, ces mesures n’ont pas convaincu les résidents, qui observent que les chiens continuent de circuler dans la cour, parfois sans laisse, parfois attachés par une longe jugée trop longue pour être efficace, et que la sécurité des enfants reste compromise.
Au‑delà de la question animale, un climat de tension s’est installé depuis longtemps : des altercations opposeraient le propriétaire des chiens à certains voisins et une habitante dit avoir déposé plainte après des menaces. Au lendemain de l’attaque, l’émotion reste vive et la crainte, palpable : « On avait dit qu’il allait y avoir un drame », répètent plusieurs résidents.
ICF Habitat La Sablière indique qu’« en l’absence de changement d’attitude, une procédure contentieuse est en cours » par son service juridique. La préfecture de police, sollicitée, n’a pas été en mesure de répondre immédiatement.
L’incident a réveillé une colère contenue : des portes‑closes, des courriers et des sommations n’ont pas suffi à apaiser les inquiétudes des familles qui laissent jouer leurs enfants dans la cour. Ainsi, l’affaire devrait relancer les questions sur la surveillance des animaux et la responsabilité des bailleurs dans la sécurité des parties communes.
Reste à savoir quelles suites juridiques et administratives seront engagées pour empêcher qu’un nouveau drame ne se produise et pour restaurer un sentiment de sécurité au sein de la résidence.