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À Paris, le couvre-feu visant les coiffeurs afros de Château-d’Eau dure

Coiffeur afro à Château-d’Eau à Paris, devant un salon fermé au couvre-feu, rideau métallique baissé

Occupation au 65, boulevard de Strasbourg : dix coiffeuses en sit‑in

Une dizaine de coiffeuses afro occupent depuis trois semaines le salon du 65, boulevard de Strasbourg, en plein cœur du quartier Château‑d’Eau (Xe). Elles se relaient jour et nuit, couchées parfois sur des matelas, scandant la même revendication : récupérer des salaires qui, disent‑elles, ne leur ont pas été versés depuis des mois.

Le salon est occupé depuis trois semaines au 65, boulevard de Strasbourg, dans le Xe arrondissement de Paris. Elles réclament des salaires non versés depuis des mois.

Cécile et la dynamique collective : soutien et objectifs

Cécile, employée depuis quatre ans, a le visage marqué par la fatigue mais ne lâche rien. « Le moral est bon, on a reçu beaucoup de soutien, des riverains ont donné à notre caisse de grève », explique cette mère de famille, qui s’est jointe à une dizaine de collègues soutenues par la CGT.

Leur but est double : obtenir le paiement des salaires dus et dénoncer, selon elles, des entorses répétées au droit du travail.

Solidarité du quartier et conditions de travail dénoncées

La solidarité du quartier est devenue un rempart tangible. Entre cafés offerts, denrées et contributions financières, les habitantes et habitants de Château‑d’Eau ont pris part à la contestation.

Sur place, la colère se mêle à la détermination : ces salariées évoquent des contrats mal respectés, des horaires complexes et, surtout, des mois de bulletins sans versement.

L’employeur nie les faits et un épisode judiciaire antérieur refait surface

L’employeur, lui, nie les accusations. Ironie de l’histoire : l’été dernier, ce même commerçant avait contesté devant le tribunal un arrêté préfectoral qui l’obligeait — avec d’autres salons et instituts de manucure du quartier — à fermer dès 20 heures.

Cet épisode a déjà mis le salon et le commerçant sous les projecteurs, pour des motifs opposés. La bataille juridique et sociale tourne donc sur deux fronts.

D’un côté, les travailleuses cherchent la reconnaissance de leurs droits et le paiement immédiat des sommes dues. De l’autre, l’employeur se défend sur le terrain judiciaire et public, rejetant les reproches et plaidant, selon ses dires, une autre version des faits.

Vie quotidienne de l’occupation, visibilité et suite possible

Sur le trottoir, dans la boutique maintenue ouverte à l’occupation, l’ambiance est factuelle et tendue : calendriers griffonnés, listes de personnes à contacter, et la présence régulière d’un délégué syndical. Elles savent que la visibilité peut peser.

Elles espèrent que la pression médiatique et la solidarité locale forceront un règlement rapide. Pour l’instant, la grève continue.

Les coiffeuses disent vouloir rester mobilisées tant que leurs salaires ne seront pas réglés et que des garanties sur leurs conditions de travail ne seront pas apportées. Le message est simple et ferme : elles ne partiront pas sans être payées.

Publié le : 24 mars 2026
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