Une fresque XXL au croisement avec la rue Croulebarbe
Rue Émile‑Deslandres reprend des couleurs. Perché sur son élévateur, Seth — alias Julien Malland — achève en 2026 une fresque XXL sur un grand mur de logements sociaux au croisement avec la rue Croulebarbe. Ce nouveau travail remplace une œuvre précédente effacée pendant des travaux d’isolation thermique ; la mairie du 13e avait promis de faire revenir le même artiste une fois les travaux terminés. Promesse tenue.
Localisation précise et identité de l’artiste
La fresque se situe rue Émile‑Deslandres, au croisement de la rue Croulebarbe, dans le 13e arrondissement de Paris. Seth, de son vrai nom Julien Malland, est né en 1972 et a 53 ans.
Le 13e, un musée à ciel ouvert qui s’étend
Ce retour n’est pas anecdotique. Le 13e est devenu, depuis le début des années 2010, l’un des plus grands musées à ciel ouvert de la capitale : le boulevard Vincent‑Auriol en est la colonne vertébrale avec près d’une cinquantaine de façades peintes, et la Butte‑aux‑Cailles ou l’école Louise‑Bourgeois complètent ce parcours d’art urbain. La galerie Itinerrance, qui pilote depuis 2009 le projet Boulevard Paris 13 et a même exporté l’expérience avec Djerbahood en 2014, a largement contribué à transformer ces murs en véritables scènes publiques.
La signature visuelle de Seth et son ancrage local
Seth s’inscrit naturellement dans ce paysage. Depuis plus de vingt ans, il promène aux quatre coins du monde des personnages d’enfants aux visages souvent absents — silhouettes colorées qui mêlent poésie et engagement.
Ces figures, porteuses de rêves et de symboles, sont devenues sa signature. Écrivain, illustrateur et éditeur en plus d’être peintre, il a exposé au Palais de Tokyo et dans des galeries comme Magda Danysz ou Itinerrance, tout en développant un travail de rue qui parle à tous.
Installé récemment dans le 13e, Seth est désormais, comme le souligne la mairie, un artiste du XIIIe à part entière. Sa nouvelle fresque vient rappeler que le street‑art n’est pas seulement décoratif : il dialogue avec le tissu urbain, réactive des façades, et parfois même tient ses promesses politiques — ici, celle de rendre à un quartier une œuvre qu’on lui avait prise. Pour le promeneur pressé ou l’amateur d’art, la rue Émile‑Deslandres offre ainsi un nouveau motif, inscrit dans un quartier qui n’a jamais cessé de peindre son histoire sur ses murs.
