
La campagne pour la mairie du 12e arrondissement a pris, en fin de semaine dernière, un tour inattendu qui a secoué les équipes en place : sous la pression d’accusations de « management toxique », la maire sortante Emmanuelle Pierre‑Marie a été écartée et sa place de tête de liste de l’union de la gauche — hors La France insoumise — a été confiée à Lucie Castets.
La désignation, intervenue mardi 24 février 2026, vise à mettre fin à l’embarras et à relancer une campagne lancée à la hâte à quelques jours de la clôture des dépôts de listes. Âgée de 38 ans et apparentée aux écologistes, Lucie Castets n’est pas une inconnue de la vie politique : ancienne candidate de la gauche pour Matignon en 2024, elle accepte de reprendre la tête d’un collectif affaibli et espère redonner du souffle à l’union.
Son équipe l’a annoncé en des termes sobres mais nets : « Lucie Castets a accepté de reprendre la place de la maire du 12e arrondissement, Emmanuelle Pierre‑Marie », a-t-on indiqué, souhaitant ainsi couper court à la polémique et rassurer les électeurs au moment où les listes doivent être déposées.
Pour la maire sortante, l’atterrissage est brutal et rapide. Élue en 2020 après un accord électoral entre socialistes et écologistes — où le candidat du PS, Emmanuel Grégoire, avait renoncé au 12e au profit des écologistes —, Emmanuelle Pierre‑Marie espérait briguer un second mandat dans trois semaines ; elle se retrouve désormais écartée de la tête de liste et de la liste centrale pour le Conseil de Paris, où elle figurait en 8e position.
Selon plusieurs proches, la décision a été notifiée lundi 23 février par le camp écologiste, notamment par David Belliard et Antoine Alibert, à la veille du dépôt des listes prévu deux jours plus tard. Dans la campagne, on reconnaît que cette décision de dernière minute « c’est une vraie source de stress », traduisant autant la surprise que l’inquiétude des équipes encore en ordre dispersé.
Le remplacement vaut aussi pour la liste centrale au Conseil de Paris : Lucie Castets occupe désormais la place qu’Emmanuelle Pierre‑Marie tenait en 8e position, et prend en main une campagne municipale qui devra se recomposer très vite, tant sur le fond que sur la forme.
Reste à voir si ce coup de théâtre suffira à stabiliser l’image de la gauche unie, hors LFI, et à convaincre les électeurs du 12e dans un scrutin annoncé serré ; à quelques jours du dépôt, l’enjeu est autant médiatique qu’électoral, et la capacité du collectif à afficher une unité déterminera sans doute la suite.
En somme, la nomination de Lucie Castets marque un tournant : elle offre une sortie de crise immédiate, mais pose aussi la question de la cohérence et de la préparation d’une liste qui doit désormais convaincre en très peu de temps.