
Des millions d’euros de subventions locales auraient été accordés à Paris malgré des alertes internes, affirme l’association Transparence citoyenne. Un fonctionnaire de la mairie, chargé d’émettre des avis sur les dossiers, dit avoir rendu plus de 70 avis défavorables pour des projets qu’il jugeait « à risque » — aide économique déguisée, fragilité des structures, risques de défaillance. Malgré ces avertissements, une large partie des dossiers aurait été finalement financée.
« Le nouveau mot d’ordre a semble-t‑il été de ne plus délivrer d’avis défavorable à l’octroi de subventions, et ce quels que soient les risques constatés », rapporte ce fonctionnaire. D’après Transparence citoyenne, 49 avis défavorables ont été requalifiés en « favorable » et 10 autres en « réservé », ce qui aurait coûté près de 14 millions d’euros à la Ville de Paris. Ces montants, insiste l’association, soulèvent une double interrogation : qui décide finalement de l’attribution, et selon quels critères ? Selon Transparence citoyenne, la requalification de 49 avis en « favorable » et de 10 en « réservé » a coûté près de 14 millions d’euros à la Ville de Paris.
La polémique prend aussi la forme d’une pétition en ligne qui réclame un encadrement plus strict des subventions municipales. La pétition, qui vise 2 000 signatures, en compte 1 195 à ce stade et juge « inacceptables » des choix de financement qui, selon elle, favoriseraient des combats politiques plutôt que des projets d’intérêt général. Elle rappelle que, pour 2025, la mairie prévoit d’attribuer 300 millions d’euros de subventions. Pour l’année 2025, 300 millions d’euros de subventions seront attribués par Anne Hidalgo et sa majorité.
Les exemples cités par les auteurs de la pétition servent de contre‑exemples concrets : un versement de 500 000 euros au Paris FC alors que son actionnaire majoritaire est parmi les hommes les plus riches du monde ; 3 000 euros alloués à un festival de cinéma aborigène australien dont l’existence n’aurait pas été vérifiée ; 200 000 euros versés à une ONG pour la Palestine sans suivi rigoureux ; ou encore 10 000 euros pour un festival queer. Ces cas alimentent l’accusation d’une gestion guidée par des priorités idéologiques plutôt que par l’intérêt des Parisiens.
Le Conseil de Paris, qui débat des attributions, sera l’occasion de trancher sur ces pratiques ou du moins d’exiger davantage de transparence. Les revendications de l’association sont claires : réviser les critères d’attribution, publier des comptes rendus vérifiables et mettre fin aux subventions sans impact mesurable. Si la somme mise en jeu et les alertes internes sont exactes, la question n’est plus seulement administrative mais politique : qui contrôle l’argent public et au profit de qui ?