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Paris : les poids lourds tuent surtout des cyclistes femmes

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Cycliste femme roulant à Paris près d’un poids lourd, avec circulation dense et bâtiments urbains en arrière-plan

Deux nouvelles morts à vélo confirment un même piège mortel

Ces deux décès, survenus fin janvier et le jeudi 19 février 2026, confirment un constat glaçant : quand une femme est tuée à vélo dans la capitale, c’est presque toujours à cause d’un camion ou d’un utilitaire. Ainsi se dessine un schéma récurrent — l’arrêt au feu, le redémarrage d’un poids lourd et le virage à droite qui enferme la cycliste dans l’angle mort.

Le drame du boulevard Diderot et le scénario qui se répète

Le drame s'est produit au petit matin du jeudi 19 février, vers 7h15, lorsqu’un camion a mortellement heurté une cycliste au carrefour de la rue de Reuilly et du boulevard Diderot, dans le XIIe arrondissement de Paris. La victime se trouvait à la droite du véhicule au moment où le poids lourd, arrêté au feu, a redémarré puis tourné à droite.

Selon le parquet de Paris, malgré plusieurs tentatives de réanimation, la mort a été constatée environ trente minutes après le choc. Le conducteur, transporté à l’hôpital en état de choc, est resté inaudible dans un premier temps, tandis que le vélo est resté coincé sous le camion, recroquevillé.

Sur place, un employé d’une boulangerie voisine, encore sous le choc, raconte avoir vu la scène en préparant sa journée, image qui prolonge l’horreur anodine de ces matins parisiens.

Un mécanisme connu et des chiffres qui interrogent

La mécanique est toujours la même : au feu rouge, le camion s’arrête, la cycliste se glisse à sa droite, puis le poids lourd redémarre et tourne — résultat, la personne à vélo disparaît dans l’angle mort. Pour la quasi-totalité des 27 femmes tuées à vélo dans la capitale en un peu plus de vingt ans, le responsable identifié est un poids lourd ou un utilitaire, le plus souvent un véhicule conduit par un homme.

Réactions politiques et associatives — appels à agir

Face à ces drames, la réaction politique a été immédiate : la maire du XIIe arrondissement s’est rendue sur place et a partagé sa douleur. Dans un message, Emmanuelle Pierre-Marie (Les Écologistes) a déclaré qu’il fallait « poursuivre la sécurisation de l’espace public pour que ces violences routières inacceptables cessent enfin. »

Les associations de cyclistes n’ont pas ménagé leurs avertissements non plus : en 2024, elles avaient déjà listé 200 carrefours dangereux à Paris, et certaines estiment que la liste pourrait être bien plus longue. « Si on voulait, on pouvait lister 1 000 carrefours dangereux », affirme Marion Soulet, porte-parole de Paris en Selle, inquiète que ces accidents surviennent alors même que le trafic avait diminué ces dernières années.

Des réponses techniques et urgentes pour éviter la répétition

Pourtant, la solution technique n’est pas mystérieuse : angle mort, virage à droite, véhicule lourd — la répétition du schéma appelle des réponses claires et rapides. Il s’agit d’agir à plusieurs niveaux, en combinant aménagements urbains, équipements anti-angle-mort obligatoires et formation stricte pour les conducteurs de poids lourds.

De plus, des mesures contraignantes pourraient limiter ces drames — de l’obligation d’installer des dispositifs de détection aux réaménagements qui empêchent les véhicules lourds de croiser les itinéraires cyclables aux carrefours — car sans cela, les mêmes scènes continueront de se répéter, au prix de nouvelles vies.

Dernière observation

La succession de ces accidents impose une question simple et urgente : combien de vies faudra-t-il encore pour que la prévention l’emporte sur l’habitude ? Les réponses existe(nt) ; il reste à les mettre en œuvre rapidement et fermement pour que la ville cesse d’être le théâtre de ces tragédies.

Publié le : 25 février 2026
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