
Un street artiste connu sous le nom de GoGrazy99 a investi, sans autorisation, la station de métro Buttes-Chaumont dimanche. Ses affiches sauvages ont de nouveau attisé la controverse à Paris.
Le street artiste GoGrazy99 a procédé dimanche à un affichage sauvage dans la station de métro Buttes-Chaumont, dans le XIXe arrondissement de Paris. Plusieurs comptes sur les réseaux sociaux ont publié des vidéos qu'ils estiment démontrer le « caractère antisémite » de certains dessins de l'artiste.
Ce qui choque, ce ne sont pas seulement les collages illégaux, mais l'iconographie récurrente de l'artiste. Dans ses œuvres antérieures, GoGrazy99 représente souvent des personnages à la figure grimaçante, aux dents et aux oreilles pointues, et – c’est ce qui a déclenché l’alerte en mars – une étoile de David placée à la place du nez. Cette fois, selon les images partagées, ces motifs n’apparaissaient pas: l’artiste a choisi d’afficher d’autres créations, mais le passé revient hanter le présent.
Le scandale a été relancé par des internautes qui ont ressorti des vidéos d'événements organisés par GoGrazy99, où des dessins similaires figuraient. Sur les réseaux sociaux, plusieurs comptes ont rappelé ces archives pour souligner ce qu’ils qualifient de « caractère antisémite » de certains visuels. Les publications tournent vite, nourrissent l’indignation et posent une question politique et artistique simple : où s’arrête la provocation et où commence la stigmatisation ?
Pour l’instant, aucun communiqué public de l’artiste n’a été diffusé et aucune action policière précise n’a été rendue publique. Reste que l’affaire illustre la tension entre liberté d’expression, art urbain non autorisé et symboles qui heurtent. Les affiches sauvages perturbent l’espace public; les symboles chargés réveillent des blessures historiques. Quand les deux se croisent, la réaction est immédiate et polarisée.
Ce cas montre aussi la vitesse à laquelle les réseaux sociaux transforment un geste de rue en affaire publique. Une image postée un dimanche peut, en quelques heures, ressortir des archives et déclencher une enquête d'opinion. Entre artistes de rue, plateformes et autorités, la discussion sur les limites du symbole et de la satire reprend, plus vive que jamais.