
Air Canada a annoncé que son directeur général, Michael Rousseau, partira à la retraite plus tard cette année, au plus tard à la fin du troisième trimestre. La décision survient après une vague d’indignation liée à la diffusion uniquement en anglais d’un message de condoléances après l’accident mortel survenu récemment à LaGuardia.
La colère a mis le bilinguisme au cœur du débat. Rousseau avait posté une vidéo en anglais accompagnée de sous-titres français ; des centaines de plaintes ont été adressées au Commissariat aux langues officielles, reprochant au dirigeant un manque de compassion et de discernement. Plusieurs responsables ont jugé indispensable que le futur patron d’Air Canada maîtrise le français.
Un pilote et un copilote ont trouvé la mort lorsque le vol d’Air Canada Jazz en provenance de Montréal a percuté un camion de pompiers sur la piste peu après l’atterrissage à LaGuardia. Antoine Forest, l’un des deux pilotes décédés, était un Québécois francophone. Mackenzie Gunther a également péri dans l’accident. Les détails techniques de l’accident sont encore examinés, mais le drame a déclenché une tempête politique.
Le premier ministre a estimé que la décision de Rousseau de partir était « appropriée » et a insisté sur la nécessité d’un leadership bilingue à la tête de la compagnie nationale. François Legault, premier ministre du Québec, a salué la démission et demandé que le prochain dirigeant parle français. Steven MacKinnon, ministre fédéral des Transports, a remercié Rousseau publiquement et assuré que le gouvernement travaillera avec Air Canada pour garantir « un service sûr, fiable, abordable et bilingue pour tous les Canadiens ».
Rousseau avait déjà promis, lors de sa nomination en février 2021, d’apprendre le français. Sa gestion de la communication dans les heures qui ont suivi le crash a ravivé des tensions linguistiques anciennes : l’identité québécoise fait l’objet de débats depuis la conquête britannique de la Nouvelle-France au milieu du XVIIIe siècle, et aujourd’hui environ 80 % de la population du Québec est francophone.
Air Canada doit maintenant gérer deux urgences en même temps : une transition de direction et la restauration de la confiance auprès des clients et des communautés touchées. Le conseil d’administration a averti qu’il faudra trouver un successeur capable d’apaiser ces blessures, au-delà des compétences techniques attendues d’un PDG.
Air Canada a déclaré que Rousseau avait informé le conseil de son départ volontaire et que le processus de succession serait mené « dans les mois à venir ». Un pilote québécois francophone est mort dans l’accident ; cette réalité continue d’être citée par ceux qui exigent que la compagnie mette le bilinguisme au centre de sa direction.