
Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, et son épouse, Begoña Gómez, ont commencé leur séjour à Pékin par des visites à caractère privé, loin des caméras protocolares. Dimanche, le couple a arpenté le Palais d'Été — classé au patrimoine mondial de l'UNESCO — en tenue décontractée et lunettes de soleil, entouré de membres de son équipe et sous la surveillance de la sécurité chinoise. Quelques enregistrements amateurs diffusés par des personnes présentes ont confirmé que cette sortie ne figurait pas sur l'agenda officiel de Moncloa.
Les visites touristiques se sont poursuivies dans les hutongs, ces ruelles traditionnelles qui font la mémoire urbaine de Pékin, et aux Tours du Tambour et de la Cloche, deux constructions du XIIIe siècle qui rythmaient autrefois le temps de la ville. Ces images de proximité contrastent avec l'enjeu réel du voyage : à partir de lundi, la dimension officielle prendra le pas sur l'anecdotique.
Les autorités chinoises ont classé ce déplacement comme visite officielle. Sánchez rencontrera Xi Jinping pour la quatrième fois en quatre ans. Ce double constat dit l'intérêt réciproque mais aussi la montée en visibilité de la relation bilatérale : pour la première fois, Pékin réserve au chef du gouvernement espagnol le protocole d'une visite officielle, un signe politique clair.
L'agenda institutionnel met l'accent sur la coopération scientifique et universitaire. Sánchez doit s'exprimer à l'université de Tsinghua devant des étudiants et dialoguer avec des spécialistes en relations internationales. La délégation visitera ensuite la Chinese Academy of Sciences, où une exposition présentera les principaux projets conjoints — de la mission SMILE destinée à étudier l'interaction Soleil-Terre aux recherches sur les accélérateurs de particules, les sciences marines et l'agroalimentaire.
La Casa de estudios consacrera en outre une chaire honorifique au président espagnol, un geste lourd de symboles : par le passé, cette distinction a été attribuée à des figures telles que Paul Nurse, David Gross et Samuel Ting, tous lauréats du prix Nobel. Au-delà du prestige académique, ces rencontres servent à cimenter des réseaux de recherche et d'innovation où Madrid veut gagner en visibilité.
Le volet économique sera omniprésent. Le gouvernement cherche à renforcer la présence des entreprises espagnoles sur un marché chinois exigeant et à attirer des investissements vers l'Espagne, alors que le déficit commercial avec la Chine continue de s'élargir.
Parmi les étapes prévues figure la visite du parc scientifique et technologique de Xiaomi et une réunion avec son fondateur et PDG, Lei Jun, laquelle inclura une présentation des développements du groupe en automobile, téléphonie et domotique. Les prochains jours mêleront rencontres avec investisseurs, entreprises innovantes et représentants européens, dont Jens Eskelund, président de la Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine, dans l'espoir de transformer contacts protocolaires en opportunités concrètes pour l'économie espagnole.