Lettre à la base du PSOE : Pedro Sánchez défend la position du gouvernement
Dans une lettre adressée dimanche à la base du PSOE, Pedro Sánchez défend avec force la position du gouvernement face au conflit au Proche‑Orient et attaque, sans le nommer directement, l’attitude qu’il juge « ambiguë » d’Alberto Núñez Feijóo. Alors qu’un mois s’achève depuis le début des frappes, le secrétaire général se présente comme celui qui sait « être du bon côté » : opposé à la guerre, engagé pour la paix, et prêt à traduire ces principes en actes.
Rappel des mobilisations contre la guerre en Irak et slogan‑fort
Sánchez ressuscite volontairement un souvenir marquant : les mobilisations contre la guerre en Irak il y a 23 ans. Il rappelle y avoir été « avec la foule » et en avoir gardé une leçon claire — la paix n’est pas une consigne mais une conviction forgée dans la rue. « NON À LA GUERRE », écrit‑il, quatre mots qu’il décrit comme « la mémoire, la dignité et l’engagement d’un pays ». Il met en garde contre ceux qui, selon lui, « doutent quand il faut être ferme » et « se cachent dans l’ambiguïté quand il faut prendre parti ».
Bouclier social : le train de mesures voté au Congrès
Le chef du gouvernement justifie ensuite le premier train de mesures économiques voté cette semaine au Congrès comme une réponse concrète aux effets de la guerre sur la vie quotidienne. Le décret, selon lui, vise à protéger les foyers et les entreprises contre la hausse des prix de l’énergie, la flambée des courses et la montée des taux d’intérêt qui pèsent déjà sur les budgets familiaux. Le texte mobilise 5 milliards d’euros d’investissements pour amortir le choc.
Le décret mobilise 5 milliards d’euros pour protéger 20 millions de foyers et 3 millions d’entreprises. Sánchez présente ce montage comme « le plus grand bouclier social et économique de toute l’Union européenne ».
Double appel politique : solidarité internationale et mise en cause de l’opposition
Sur le ton politique, la lettre fonctionne comme un double appel : tenir la ligne internationaliste du PSOE — solidarité avec l’Ukraine, condamnation de ce qu’il appelle le « génocide palestinien » à Gaza, exigence d’un arrêt immédiat des hostilités — et marquer l’espace à droite en dénonçant la prudence de l’opposition. Le président se place en rempart moral : « Il y a des moments où l’on se rappelle pourquoi l’on fait de la politique », écrit‑il, avant de définir son parti comme une référence pour les progressistes du monde entier et pour tous ceux qui croient « à la paix, à la justice, à l’humanité et au minimum de bon sens ». La lettre veut rassurer la base et fixer un récit : face à une guerre lointaine mais coûteuse à la maison, Sánchez oppose une stratégie double — diplomatique et sociale — et revendique pour le PSOE non seulement l’histoire mais aussi « la conscience, le courage et l’avenir ».
