
Au grand désarroi d’une partie des habitants, Gérard Dupaty, le maire d’Amilly (Loiret), a signé le permis de construire de cette plateforme logistique de 77 000 m². Certaines cellules sont classées Seveso seuil bas, autorisant le stockage de produits dangereux. Ce développement suscite des inquiétudes au sein de la communauté locale.
Françoise Soubiran, membre du collectif d’habitants opposés au projet, déclare : « Le fait que le permis soit signé donne forcément un signal négatif ». Toutefois, elle rassure en affirmant que ce n’est pas une avancée décisive. Le projet est encore loin d’être validé.
En effet, au-delà du permis de construire, le projet dépend d’une autorisation environnementale délivrée par la préfète du Loiret, Sophie Brocas. Cette décision, initialement attendue début décembre, a été repoussée à la demande du porteur de projet.
La société impliquée a demandé un délai de six mois supplémentaires pour fournir des études complémentaires, notamment concernant le trafic routier. Françoise Soubiran explique : « La préfète a désormais jusqu’au 27 juillet pour rendre son avis. Sans cette autorisation, rien ne peut commencer. »
Le Département du Loiret a également émis de fortes réserves, soulignant l'impact du futur entrepôt sur le réseau routier, en particulier sur la RD2060 et la RD943. Il réclame une étude de trafic approfondie qui intègre un second projet logistique voisin.
Dans sa synthèse, le commissaire enquêteur dresse un constat nuancé mais critique. Il reconnaît certains éléments favorables, comme la localisation du site, jugée stratégique pour l’activité logistique. Cependant, il souligne aussi les nuisances potentielles et questionne l’intérêt général du projet.
Françoise Soubiran insiste sur ce point : « Le commissaire enquêteur s’est vraiment interrogé sur l’intérêt général. » Il évoque également le financement des travaux routiers, un sujet délicat compte tenu des finances contraintes du département.
À ces freins s’ajoutent les 24 prescriptions du Service départemental d’incendie et secours (Sdis) du Loiret en matière de sécurité incendie. De plus, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) impose des fouilles archéologiques préventives sur une partie du site.
Ces exigences compliquent davantage le projet. La préservation des vestiges sur 5 800 m² du site constitue un enjeu majeur. Ainsi, même si le permis de construire marque une étape administrative, le dossier Westea reste encore loin d’être bouclé.
En résumé, bien que le permis de construire ait été signé, le projet de plateforme logistique à Amilly fait face à de nombreux défis. Les préoccupations des habitants, les exigences réglementaires et les études complémentaires retardent son avancement. La situation demeure complexe et incertaine.