
Diomedes, un taxista panaméen au discours abondant, se sent mal à l'aise en se remémorant la mission de la DEA et de l'armée américaine contre le général Noriega, le 3 janvier 1989. Il évoque comment les forces américaines avaient facilement conquis le pays, et aujourd'hui, la situation semble se répéter dans la région.
Actuellement, les vols en provenance d'Europe prennent une heure de plus pour éviter la zone d'opérations des États-Unis au nord du Venezuela. Bien que Nicolás Maduro soit désormais arrêté, la marine de guerre américaine reste en alerte, attendant des ordres. Les rumeurs circulent sur des navires chargés de pétrole vénézuélien qui tentent de briser le blocus américain.
Donald Trump a clairement indiqué qu'il pourrait y avoir plus d'interventions en Venezuela, et que Cuba est "sur le point de tomber". Ces déclarations résonnent à travers le continent, transformant l'Amérique en un terrain de jeu pour la nouvelle doctrine Monroe de Trump.
Cette doctrine, mise à jour pour le XXIe siècle, réaffirme que les "Américains" désignent principalement les États-Unis. Cela implique que plus d'un milliard de personnes, y compris les populations indigènes, sont sous l'influence de Trump. Bien que l'opération pour capturer Maduro puisse ne rien changer à la vie quotidienne au Venezuela, elle a des implications majeures pour le continent.
Les menaces se multiplient, en particulier pour le Mexique et la Colombie, qui sont plus alignés avec la Chine et la Russie qu'avec Washington. Les propos de Marco Rubio, affirmant que "Trump est un président qui agit", soulignent la détermination de l'administration actuelle à ne pas rester passive.
La Maison Blanche a récemment publié un document stratégique : la Sécurité Nationale 2025. Ce plan vise à restaurer la prééminence américaine dans l'hémisphère occidental et à protéger les intérêts nationaux. Les États-Unis s'engagent à empêcher toute présence menaçante de puissances extérieures dans leur zone géographique immédiate.
Cette approche renforce la position des États-Unis en tant que puissance dominante, tout en affirmant clairement leurs priorités en matière de sécurité nationale. La question se pose alors : les États-Unis menacent-ils d'annexer le Canada comme 52ème État ?
Les États-Unis possèdent déjà une base militaire à Thule, à proximité du Pôle Nord. Cette base, associée à celle de Pituffik, permet de surveiller les routes aériennes et maritimes en raison du changement climatique. Cela représente un atout stratégique face à l'expansion russe dans l'Arctique.
Trump ne cherche pas seulement à élargir les frontières, mais aussi à redéfinir les souverainetés. Sa volonté d'intervenir à Groenland, Panama, Canada ou Venezuela s'inscrit dans une logique de contrôle des zones d'influence, en assurant que les intérêts de sécurité nationale des États-Unis sont toujours prioritaires.
En résumé, l'Amérique Latine cesse d'être un simple voisinage diplomatique pour devenir une zone d'influence stratégique. La souveraineté des États de la région est de plus en plus subordonnée aux intérêts de sécurité des États-Unis, comme le montre la situation au Venezuela, qui détient d'importantes réserves de pétrole. L'impact de ces dynamiques géopolitiques se fait sentir dans toute la région.