
Un étudiant de Rimouski a mis le feu aux poudres après le ralliement d’une députée locale au Parti conservateur du Québec. Mercredi, Thomas Guay‑Vachon, étudiant à l’Université du Québec à Rimouski, a lancé une pétition demandant la démission de Maïté Blanchette Vézina; elle avait déjà récolté près de 1 000 signatures au moment où l’information a circulé. Son message est simple : les électeurs de Rimouski se sentent trahis.
Maïté Blanchette Vézina a quitté la Coalition avenir Québec en septembre pour siéger comme députée indépendante. Mardi, elle a annoncé qu’elle rejoignait le Parti conservateur du Québec, dirigé par Éric Duhaime. Le Parti conservateur du Québec n’avait obtenu que 4,75 % des voix dans la circonscription lors des dernières élections générales.
« Je trouvais que c’était trop contradictoire et que ça n’avait pas d’allure », explique M. Guay‑Vachon. Il dit s’être senti obligé d’agir pour que sa municipalité entende que cette décision ne passe pas. « Je me sens abandonné. J’ai l’impression que la personne qui est censée me représenter est capable de changer de manteau comme elle veut, n’importe quand, pour un parti qui ne représente même pas le choix des électeurs de sa circonscription. »
La pétition avance aussi une autre accusation : selon son texte, la députée ne solliciterait pas un nouveau mandat à Rimouski, mais se présenterait dans la circonscription de La Peltrie lors des prochaines élections. Si cette information se confirme, pour les signataires ce ne serait pas seulement une question de changement d’étiquette, mais de départ calculé hors de la communauté qui l’a élue.
M. Guay‑Vachon admet qu’il doute qu’une pétition fasse plier une élue en exercice. Pourtant, il espère qu’une démission — même symbolique — offrirait une forme de réparation pour des électeurs qui se sentent « floués ». Le geste, dit‑il, vise autant à dénoncer la manœuvre politique qu’à rappeler une règle élémentaire : quand on représente une circonscription, on ne change pas de cap sans en répondre devant ses électeurs.
La controverse met en lumière une question plus large : quel poids a le mandat d’un député face aux réalignements politiques personnels ? À Rimouski, la réponse vient d’être formulée en ligne par presque mille voix. Reste à voir si elles suffiront à faire bouger une députée encartée dans un parti qui, jusque‑là, n’était pas la première option des électeurs de sa circonscription.