
Les relations commerciales entre l'Espagne et le Venezuela ont été longtemps stagnantes, marquées par des crises politiques et des sanctions. Cependant, ces deux dernières années, un léger redressement a été observé, notamment grâce au secteur pétrolier et à l'immobilier.
En 2024, la balance commerciale entre l'Espagne et le Venezuela a connu un tournant significatif, avec une augmentation de plus de 50 % des échanges bilatéraux. Les importations espagnoles en provenance du Venezuela ont atteint près de 1,4 milliard d'euros, un niveau inédit depuis près de deux décennies.
Ce renouveau commercial est largement attribué au pétrole, représentant 95 % des achats espagnols. La flexibilité des licences américaines et le rôle stratégique de Repsol ont également été cruciaux pour cette dynamique.
Le pétrole a joué un rôle central dans la réactivation des échanges. Repsol a non seulement sécurisé son approvisionnement pour ses raffineries, mais a également relancé ses activités dans des champs clés tels que Petroquiriquire et Cardón IV. De plus, l'entreprise a commencé à récupérer une partie de la dette historique du Venezuela grâce à des chargements de pétrole.
La nécessité pour l'Europe de diversifier ses approvisionnements énergétiques, notamment à cause de la guerre en Ukraine, a également favorisé les exportations vénézuéliennes.
Les exportations espagnoles vers le Venezuela ont également montré des signes de reprise, bien que de manière plus modeste. L'Espagne exporte principalement des machines, des produits chimiques et des aliments, avec un flux qui a doublé en 2024.
Par ailleurs, l'investissement vénézuélien en Espagne, particulièrement dans le secteur immobilier, a fortement augmenté. Madrid est devenue un lieu prisé pour les investisseurs vénézuéliens, qui ont injecté des millions d'euros dans l'acquisition et la rénovation de biens immobiliers.
Malgré cette reprise, la présence des entreprises espagnoles au Venezuela a considérablement diminué. Il y a dix ans, plus de 120 entreprises espagnoles étaient actives dans le pays, contre seulement 60 aujourd'hui. Des entreprises comme BBVA, Telefónica, et Mapfre ont historiquement été présentes, mais leur présence s'est réduite.
En novembre dernier, le président de Telefónica a annoncé son intention de quitter le marché vénézuélien, dans le cadre d'un plan de désinvestissement. Cela soulève des préoccupations quant à l'avenir des relations commerciales entre les deux pays.
En résumé, bien que les relations commerciales entre l'Espagne et le Venezuela aient montré des signes de redressement, elles restent fragiles et incertaines. Les entreprises espagnoles, tout en surveillant attentivement l'évolution de la situation, doivent naviguer dans un contexte économique complexe. L'avenir des échanges dépendra de nombreux facteurs, notamment des décisions politiques et économiques à venir.